mercredi 6 novembre 2013

Netanyahou appelle Abbas à se prononcer pour "deux Etats pour deux peuples"


Pour le lancement international d'i24news au port de Yafo à Tel Aviv, le Premier ministre d'Israël Benyamin Netanyahou a accordé une interview exclusive au cours de laquelle il a abordé tous les sujets d'actualité. Concernant le sujet d'actualité le plus brûlant, le processus de paix avec les Palestiniens, le chef du gouvernement n'a pas hésité à interpeller le président de l'Autorité palestinienne pour que ce dernier s'engage fermement à prôner la solution de deux Etats pour deux peuples...Interview...


"Je voudrais voir Mahmoud Abbas prononcer un "discours de Bir Zeit" (université palestinienne de Ramallah, NDLR), le voir s'exprimer devant son public et dire la phrase +deux Etats pour deux peuples, un Etat juif aux côtés d'un Etat palestinien+. Je ne l'ai pas encore entendu dire cela", a-t-il dit. Il faisait référence à son discours à l'université de Bar Ilan quand il s'est prononcé en 2009 pour une solution de deux Etats pour deux peuples. Ce ne fut pas aisé à faire pour un membre du Likoud et qui plus est devant une audience religieuse, a rappelé le Premier ministre.
"Je souhaite la paix entre nous et nos voisins palestiniens car j'ai moi même combattu et perdu des êtres qui me sont chers, que ce soit au cours de guerres ou dans la lutte contre le terrorisme. Je voudrais vraiment savoir si la direction palestinienne aspire à la paix. Si la réponse est oui alors je pense que nous pouvons aboutir à un traité de paix", a déclaré Benyamin Netanyahou.
Interrogé sur les négociations de paix a la veille de l'arrivée du secrétaire d'Etat américain John Kerry, le Premier ministre a répondu : "Tout ce que je peux vous dire c'est que nous avons abordé ces négociations avec beaucoup de sérieux. Chacun, à l'extérieur, peut constater qu'Israël, mon gouvernement et moi-même, avons fait de vrais et douloureux efforts".
Sur l'Iran, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a repris ses arguments habituels sur la dangerosité d'avoir un Iran nucléarisé "pour l'ensemble de la région, et non seulement pour Israël"."Je pense à tous les Etats arabes du Moyen-Orient qui ne voudraient pas que cela se produise", a-t-il déclaré, ajoutant que le régime de Téhéran n’était "pas très populaire dans la rue arabe ces temps-ci".
Quand il a été demandé au Premier ministre s’il avait le numéro de téléphone du président iranien Hassan Rohani, il a répondu par la négative mais s'"il me téléphonait, je lui dirais d’arrêter d’appeler à la destruction d’Israël et de nous qualifier de cancer du monde", a-t-il dit ."Si vous prétendez que vous voulez la paix, alors démantelez votre programme nucléaire", a conclu le Premier ministre.
A propos de la construction de logements dans les implantations, décision qui provoque la colère des Palestiniens ainsi que les critiques de la communauté internationale, M. Netanyahou a indiqué qu'il s'agissait d'un faux problème. “Nous ne créons pas de nouvelles implantations .Nous ne modifions pas la carte .Nous ajoutons des maisons dans des localités existantes. Vous ajoutez une huitième maison là ou il y en a déjà sept afin que des familles aient de la place pour vivre”, explique le chef du gouvernement israélien qui refuse de considérer les implantations en Cisjordanie comme le sujet le plus difficile à résoudre.
"On dit que les implantations sont au cœur du conflit. Non, ce n'est pas le cas. Le conflit existait déjà depuis 50 ans avant qu'un seul soldat israélien ne soit en Judée-Samarie ou à Gaza. Nous avons quitté Gaza et cela continue.Vous savez quel est le problème ? Le refus permanent de reconnaître un Etat juif. Le conflit n'a jamais porté sur un Etat palestinien.Les Palestiniens se sont vu proposer un Etat en 1948 et ils ont refusé. Ils ont refusé à cause de l'Etat juif tout comme ils refusent aujourd'hui de reconnaître un Etat juif", a souligné M. Netanyahou.
Enfin interrogé sur la prochaine visite du président français François Hollande Israël, M Netanyahou a indiqué qu'Israël lui déroulerait le "tapis rouge" car il "est un ami, un ami d'Israël et nous le recevrons en tant que tel, en déroulant le tapis rouge".
Ces propos interviennent alors que le président de la Knesset, Yuli Edelstein, avait indiqué la semaine dernière ne pas vouloir rencontrer M. Hollande si ce dernier ne s'exprimait pas devant le Parlement.
M. Netanyahou ne s'est pas exprimé précisément sur la déclaration de M. Edelstein, membre de son parti le Likoud, citant à ce propos des écrits de Montesquieu. "Puisque nous parlons de la France, je veux vous citer Montesquieu et sa théorie de la séparation des pouvoirs: il y a le législatif, l'exécutif et le judiciaire. Moi, je représente l'exécutif et pour ce qui me concerne ce sera le tapis rouge... comme c'est le cas pour tous les amis d'Israël", a-t-il dit.
M. Netanyahou avait rencontré M. Hollande en novembre 2012 lors d'une visite officielle en France, mais ce dernier ne s'est encore jamais rendu en Israël en visite officielle en tant que chef d'Etat .
Dans le passé, deux présidents français se sont exprimés devant le Parlement israélien, François Mitterrand en 1982 , et Nicolas Sarkozy en 2008. Jacques Chirac avait en revanche décliné une invitation à la Knesset.

Source I24News