lundi 11 novembre 2013

L’Iran fait de la résistance, Israël menace

 
Après trois jours de négociations à Genève, l’Iran et les représentants de six puissances mondiales se sont quittés hier matin sans accord, se donnant rendez-vous le 20 novembre. Le président iranien Hassan Rohani soulignait quelques heures plus tard qu’il ne renoncerait pas à ses « droits nucléaires ».


Dix ans de course

C’est en 2003 que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) détecte pour la première fois des traces d’uranium enrichi à Natanz, en Iran. Trois ans plus tard, le président Ahmadinejad déclare fièrement que son pays rejoint le club des puissances nucléaires. L’Onu lui demande de stopper son programme d’enrichissement et prend les premières sanctions. En 2012, l’enrichissement de l’uranium à 20 % commence.

Trente ans de sanctions

La brouille entre Washington et l’Iran date du début des années 80, après la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran. Depuis 2008, en raison du programme nucléaire iranien, les sanctions ont été renforcées. Elles visent les importations de pétrole ainsi que l’ensemble des transactions commerciales et financières de l’Iran. Les dégâts sur l’économie sont importants. Le taux de chômage iranien explose en même temps que l’inflation galope.

Le seuil critique des 20 %

Lors des négociations à Genève, l’Iran a accepté de stopper l’enrichissement de son uranium à 20 %, le seuil critique au-delà duquel il devient rapide de fabriquer une bombe. Mais pourquoi 20 % ? Le minerai d’uranium contient moins d’1 % d’uranium 235, l’élément utile pour enclencher une réaction nucléaire. Le seuil de 20 % est défini par l’AIEA comme étant la limite au-delà de laquelle on passe à l’uranium enrichi dont les applications ne peuvent être que militaires.

Le programme iranien

Le programme nucléaire iranien est extrêmement ambitieux. Il comporte des installations aériennes et souterraines dont certaines très difficiles à détruire par bombardement. L’Iran possède 19 000 centrifugeuses et un stock d’uranium enrichi à 20 %.

Le mystère Rohani

Qualifié de « modéré », le président Hassan Rohani a permis de débloquer la situation et de rouvrir les discussions avec le groupe « 5+1 » (les membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu plus l’Allemagne). Son ministre des Affaires étrangères mène les discussions.

La position d’Israël

« Israël n’est pas tenu par un accord et fera tout le nécessaire pour se défendre et défendre la sécurité de son peuple », a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour qui tout compromis serait « l’affaire du siècle pour l’Iran ». En clair, Israël ne renonce pas à frapper l’Iran.
 
Source Vosges Matin