dimanche 10 novembre 2013

Laurent Fabius à Genève et " les Soucis de Sécurité d'Israël "


Dans quelques jours le Président François Hollande sera en visite officielle en Israël. Son Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius est à Genève. Il pense certainement aux impacts désastreux sur la visite d’Etat à Jérusalem de tout accord que les Israéliens pourraient refuser. Laurent Fabius a déclaré qu’il n’y avait “aucune certitude” à ce stade qu’un accord soit conclu avec l’Iran. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a déclaré samedi qu’il n’y avait aucune certitude à ce stade qu’un accord sur le nucléaire iranien soit conclu entre Téhéran et les grandes puissances à Genève, où s’ouvre une troisième journée de discussions. Il a également souligné la nécessité de prendre en compte les soucis de sécurité d’Israël.


Il y a un texte initial que nous n’acceptons pas (…) je n’ai aucune certitude qu’on puisse conclure à l’heure où je vous parle, a déclaré depuis Genève M. Fabius sur la radio France Inter. Il y a quelques points sur lesquels nous ne sommes pas satisfaits, a déclaré le ministre, citant le cas du réacteur d’Arak extrêmement proliférant et la question de l’enrichissement de l’uranium.
Les chefs de la diplomatie des grandes puissances occidentales se sont joints vendredi de manière inattendue aux discussions de Genève sur le programme nucléaire iranien, laissant espérer un accord prochain malgré des divergences persistantes après des années de blocage.
Les pourparlers en cours à Genève entre l’Iran et les puissances occidentales concernant l’avenir du nucléaire iranien seront prolongés samedi, a confirmé vendredi un responsable américain.
“Au cours de la soirée, nous avons continué à faire des progrès dans notre travail visant à réduire les divergences. Il y a encore du travail à accomplir. Les réunions vont reprendre demain (samedi) matin”, a indiqué un haut-responsable du Département d’Etat, après que le secrétaire d’Etat américain John Kerry eût rencontré pendant cinq heures son homologue iranien Mohammad Javad Zarif et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.
Israël a fait part de son côté vendredi de sa colère en adressant une mise en garde aux Occidentaux au sujet d’un accord avec l’Iran. Israël n’est pas tenu par cet accord et fera tout le nécessaire pour se défendre et défendre la sécurité de son peuple a plaidé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, en dénonçant l’arnaque du siècle, lors d’un tête-à-tête de deux heures à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry, en route pour Genève pour négocier un compromis.
“C’est un très mauvais accord et Israël le rejette complètement”, a déclaré Benjamin Netanyahu, en jugeant que l’Iran obtenait “l’accord du siècle” tellement il lui était favorable. “D’après ce que je comprends, les Iraniens sont très satisfaits de Genève et ils devraient l’être en effet puisqu’ils ont tout obtenu en échange de rien”, a ajouté le chef du gouvernement israélien.
Le président américain Barack Obama a appelé vendredi au téléphone Benjamin Netanyahu, a annoncé la Maison Blanche, après les critiques du Premier ministre israélien sur les termes d’un possible accord intérimaire avec l’Iran sur son programme nucléaire. L’objet de l’appel était de “discuter de l’Iran et de nos efforts en cours pour parvenir à une résolution pacifique” dans ce dossier, a précisé la présidence américaine, en expliquant que M. Obama avait “insisté sur son engagement à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire”.
En l’état des négociations à Genève, “il n’y a pas d’accord”, a rappelé le porte-parole adjoint du président Barack Obama, Josh Earnest. M. Kerry, qui a interrompu une tournée au Proche-Orient pour se rendre d’urgence à Genève, a été rejoint par ses homologues français, britannique et allemand, membres du groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) qui tente depuis des années de résoudre le dossier ultrasensible du programme nucléaire iranien
Pour le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, “il y a des avancées mais rien n’est encore acquis”. “Nous voulons un accord qui soit une première réponse solide aux inquiétudes liées au nucléaire iranien”.
“Je suis venu personnellement à Genève parce que cette négociation est difficile, mais importante pour la sécurité régionale et internationale”, a-t-il aussi déclaré. Ses homologues britannique et allemand, William Hague et Guido Westerwelle, ont également bouleversé leur agenda pour participer aux discussions.
En revanche, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, n’a pas prévu de se rendre à Genève, selon un de ses porte-parole.
La délégation iranienne aux négociations de Genève sur le programme nucléaire de la République islamique a pour sa part informé les Occidentaux qu’ils devraient envisager un allégement des sanctions pétrolières et bancaires dès la première phase de tout accord provisoire.
“Nous avons annoncé à l’Occident que dans la première phase, il faudrait tenir compte de la question des sanctions bancaires et pétrolières”, a dit Majid Takht-Ravanchi, cité vendredi par l’agence iranienne de presse Mehr.
Trois points retiennent en particulier l’attention des Occidentaux, selon la délégation française: clarifier la position iranienne sur la construction du réacteur à eau lourde d’Arak, susceptible de produire du plutonium utilisable à des fins militaires, mais aussi l’avenir du stock d’uranium enrichi à 20% et la question plus générale de l’enrichissement en Iran.
Parallèlement aux discussions en cours à Genève, on apprenait que le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano allait se rendre à Téhéran.Les responsables iraniens ont répété ces derniers jours que le droit de l’Iran à l’enrichissement constituait une ligne rouge, sans toutefois exclure une évolution de leur position sur le niveau, la forme, la dimension de cet enrichissement. L’Iran dispose de 19.000 centrifugeuses pour cet enrichissement".

Source Israel Valley