lundi 11 novembre 2013

Au début je n'avais pas peur", souvenirs de "la nuit de cristal" vécue par enfant de 4 ans

 
 
 
El Kohn, aujourd'hui retraite américaine, se souvient de ce qu'il s'est passé il y a 75 ans en Allemagne. "Ils ont rassemblé tous les Juifs dans la mairie. Quand nous sommes revenus j'ai vu que les synagogues avaient ete vandalisees, et que les coussins de prière avaient été jetés au feu. Des plumes volaient dans tous les sens". Et aujourd'hui : l'antisémitisme est de retour.


Ça s'est passé le 9 novembre 1938. D'un coup il y a eu des coups dans la porte. El Kohn se souvient de ça comme si c'était hier. "À cette époque la nuit tombait plusieurs tot", se souvient cette retraite âgé de 79 ans, habitant aujourd'hui Palo Alto en Californie. "Les Juifs ne devaient pas être dans les rues à la nuit tombée".



El Kohn, alors âge de 4 ans, est allé dormir de bonne heure. Vers 22 heures, un officier allemand est arrivé à la maison familiale. Il a pris le petit enfant, ses parents et sa grande soeur pour les emmener à la mairie de la petite ville de Brachfeld où il a grandi. Il y avait là-bas déjà beaucoup de Juifs. Personne ne leur a dit pourquoi ils avaient été emmenés a la mairie et quel devait être leur sort. "Je n'avais pas peur", se souvient El Kohn. "Pour moi c'était une aventure".
Le groupe de Juifs fut garde dans un abri pendant toute la nuit - les hommes d'un côté et les femmes et les enfants de l'autre. "Je me souviens encore l'horrible couleur verte des murs". Avant le lever du jour les femmes et les enfants furent ramenés chez eux, et alors ils prirent connaissance des événements de "la nuit de cristal", qui a eu lieu il y a 75 ans. Ils ne le savaient pas, mais ce n'était que le prélude a la Shoah et à l'anéantissement de 6 millions de Juifs. L'histoire d'El Kohn, qui après son arrivée aux États-Unis est devenu ingénieur en aéronautique, a ete relatée dans le journal juif "The Jewish Weekly'".



Selon lui, avant le 9 novembre, les 2978 Juifs de Brachfeld - une ville pittoresque située entre Francfort et Leipzig - "pensaient que les choses s'amélioreraient. Mais tout a changé avec les evenements de "la nuit de cristal". Les hommes, dont mon père, ont été emmenes de la mairie au camp de Bunchenwald. Six mois plus tard mon père à réussi à se faire libérer du camp, apparemment grace au certificat d'excellence qu'il avait reçu du gouvernement allemand suite à son service militaire pendant la Première Guerre mondiale. Les femmes et les enfants furent ramenés à la maison".
Avec leur retour, les Juifs de Brachfeld découvrirent que leurs synagogues avaient été pillées et vandalisées. Les livres de Torah et les bancs avaient été jetés dans les rues et brulent. "Pendant leur fureur les pilleurs et les vandales avaient déchiré les coussins personnels des familles juives, ils les avaient jeté au feu et les plumes volaient en l'air. Pendant un jour ou deux les plumes ont volé dans tous les sens". Les synagogues n'ont plus jamais été utilisées après.
L'histoire d'El Kohn s'est bien terminée, au contraire de celle des autres six millions de Juifs. De fil en aiguille sa mere, qui avait enterré des bagues dans le jardin et les a vendus, à réussi à sauver sa famille de l'enfer allemand. "Nous Etions les derniers Juifs de la ville", raconte El Kohn. Les autres avaient déjà été déportes dans les camps d'extermination et ne sont jamais revenus.



75 ans sont passes depuis, mais l'antisémitisme n'a pas pour autant disparu. Selon une enquête de l'organisation des droits de l'homme de l'Union Europeenne, qui a ete publiee par la BBC, il ressort que 76% des 5847 Juifs interrogés est persuadé que depuis les cinq dernières années il y a une augmentation de l'antisémitisme. Pas moins de 29% d'entre eux envisagent d'émigrer à cause de l'antisémitisme. À la tete de cette liste apparaissent les Juifs hongrois (48%), puis les Juifs de France (46%) et ceux de Belgique (40%).
De cette enquête, qui a ete realisee en 2012 dans les huit pays ou resident 90% des Juifs d'Europe (Belgique, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Suède et Royaume-Uni), il ressort que 66% des Juifs sont persuadés que l'antisémitisme est un problème en Europe. Dans le même temps il est signalé aussi le rôle des réseaux sociaux qui est considères comme des générateurs d'antisémitisme. Une Britannique âgée de 50 ans, citée dans l'enquête, à declare : "j'ai subi plus de réflexions antisémites depuis que je suis sur Facebook que pendant toute ma vie".


Source Haabir-haisraeli.over-blog