mercredi 7 novembre 2018

«2018 est une année crêpe: ma vie a été retournée», confie Netta, la gagnante de l'Eurovision (Interview)


Il y a ceux qui ont adoré et ceux qui ont grincé des dents. Quoi qu’il en soit, tout le monde a eu un avis bien tranché sur sa performance. Avec sa chanson Toy, Netta Barzilai a remporté l’ Eurovision en mai à Lisbonne (Portugal). Un morceau, inspiré par le mouvement #MeToo, qui a permis à l’Israélienne de 25 ans de se produire à l’international......Interview........



Le 17 novembre, elle sera salle Wagram, à Paris, une étape de sa mini-tournée de six dates en Europe qui passera aussi par l’Autriche, l’Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni. A cette occasion, elle a accepté de se confier à 20 Minutes sur ce qu’elle vit depuis sa victoire…

A quoi ressemble votre vie depuis votre victoire à l’Eurovision en mai ?
J’ai l’habitude de dire que 2018 est pour moi une « année crêpe ». Parce que ma vie a été complètement retournée. Il y a un an, je n’aurais jamais pensé que mon rêve de percer dans la musique se réaliserait. 
Ma mère voulait que je quitte Tel-Aviv, que je rentre à la maison pour devenir prof. J’ai pris ma loop station [un appareil permettant d’enregistrer et jouer des boucles vocales] et je me suis présentée à un télécrochet dont le gagnant représente ensuite Israël à l’Eurovision. 
Je ne savais pas ce qui allait se passer. Je ne connaissais pas vraiment l’Eurovision et ne m’y voyais pas.

Et vous avez gagné….
C’était une surprise pour moi. Parce que je suis plutôt dans de la musique d’avant-garde, de niche, spéciale. Cela m’a donné une vraie force et c’est maintenant à moi de choisir quoi faire avec ça. 
Après l’Eurovision, beaucoup de garçons et de filles m’ont écrit en me disant qu’ils avaient compris avec moi que l’on n’a pas à ressembler, penser ou créer selon les standards pour réussir. Et ce que je vis maintenant est génial. Je travaille dans le monde entier. Certains matins, je me réveille sans savoir dans quelle ville je me trouve (rires).

Vous dites que votre victoire à l’Eurovision a été une surprise. Vous étiez pourtant la grande favorite des bookmakers et des médias plusieurs semaines, voire mois avant la finale…
En Israël, lors du télécrochet, je n’étais pas la favorite. Parmi les différents candidats, j’étais l’outsider. J’étais avant-gardiste. Jamais, dans ma vie, je n’ai pensé que j’étais grand public, que je pouvais gagner, être choisie. 
Durant la semaine de l’Eurovision, quelqu’un d’autre a pris la place de favorite [la candidate de Chypre, Eleni Foureira], cela m’a enlevé de la pression. J’avais à démontrer ce que je valais sur scène. 
Je devais donner le meilleur de moi, selon mes critères. Cette victoire m’a ragaillardie et m’a révélé des choses que j’ignorais avoir en moi, notamment combien j’étais forte, pour faire face aux critiques qui ont été nombreuses, par exemple.

Juste après votre victoire, vous avez reçu un appel de félicitations en direct de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien qui, en vous rencontrant quelques jours plus tard, a fait la danse de la poule… Vous ne vous êtes pas demandé « Mais qu’est-ce qui se passe ? »
Je suis juste musicienne, je ne fais pas de politique. Je ne prête pas attention à ça, ça me dépasse. Ce que j’aime, c’est créer.

Vous vous produirez, dans plusieurs villes européennes, dont le 17 novembre salle Wagram, à Paris…
J’ai toujours aimé la France, pour sa cuisine, son style, son énergie. Je suis toujours de près la Fashion Week parisienne dans les médias, c’est celle que je préfère. Je suis venue à Paris quand j’avais 12 ans, et en rentrant, je me disais qu’un jour je chanterai dans cette ville.

 Vernissage et exposition Beni Gassenbauer

Vous ferez des reprises, des morceaux originaux ?
Un peu des deux. Je ne fais pas vraiment des reprises. Je prends des morceaux et je les transforme. Je serai seule sur scène, avec ma loop station. Ce sera un moment très dansant et intime avec le public. 
J’ai joué dans des grandes salles, dans des stades, mais j’ai commencé dans les clubs, des endroits underground où on me payait avec des verres de bière et cette proximité, ça me manque.

Vous jouerez évidemment votre morceau « Toy », qui a véritablement fait le tour du monde…
Je suis si fière d’apporter tant d’amour et de joie à tout le monde. Toy est un hymne pour tous ceux qui bataillent au quotidien, qui sont harcelés à l’école, par leurs chefs…, ceux qui pensent ne pas être assez bien, assez beaux, pour être ce qu’ils veulent être et leur donner de la force, du courage. Cela signifie beaucoup pour moi.

Vous préparez un album ?
Je travaille sur des chansons, mais je ne pense pas qu’il y aura un album.

Comment faites-vous pour concilier votre originalité, votre avant-gardisme, avec les exigences de la musique grand public ?
Bonne question. Il n’y a pas vraiment de bonne réponse. J’essaie vraiment d’insérer mon côté bizarre dans un ensemble mainstream. 
J’accepte de faire des compromis à condition que ce soit parfait.

Source 20 minutes
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