Au menu du sommet qui a lieu ce lundi à Washington: l’Iran, la Syrie et les Palestiniens. L’aide des États-Unis à Israël sera revue à la hausse. Le Premier ministre israélien fait une pause dans les débats budgétaires de la Knesset en vue du vote de la loi de Finances pour 2016 ; il effectue une visite à Washington pour y rencontrer le président Obama et s’entretenir avec lui des tensions au Proche-Orient. Au menu des discussions à la Maison Blanche : l’accord sur le nucléaire iranien, la situation en Syrie et les négociations de paix avec les Palestiniens...
DIX ANNÉES D’AIDE SÉCURITAIRE
À côté du dialogue politique et diplomatique entre les deux alliés, c’est le dossier de l’aide sécuritaire des États-Unis à Israël qui sera aussi abordé. Et il ne s’agit pas seulement d’une assistance qui « indemnisera » Israël après l’accord nucléaire conclu entre les grandes puissances et l’Iran ; il s’agira aussi de discuter du programme d’aide sécuritaire pour les dix années à venir.
Aujourd’hui, l’aide sécuritaire des États-Unis se monte à 30 milliards de dollars sur la période de dix ans qui s’achève en 2017.
Les discussions actuelles concernent donc l’aide américaine qui démarrera dans deux ans, et qui est programmée pour les dix années à venir. La demande, encore non officielle, d’Israël serait de faire porter le volume de l’aide à 50 milliards de dollars sur dix ans.
LISTE D’EMPLETTES
Pour Israël, il s’agira de définir aussi bien le montant global de l’aide américaine que les types de matériel militaire que Tsahal sera en droit d’acheter avec l’argent américain. Les chefs de l’armée israélienne estiment qu’il est important de programmer à l’avance les achats de fournitures militaires ; et aussi de décrocher l’accord de l’oncle Sam pour la fourniture de matériel qui était jusqu’à présent interdit à Israël.
La liste des emplettes israéliennes a été finalisée la semaine dernière lors de la rencontre à Washington entre le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalom et le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter. Les américains se sont déjà engagés à maintenir la « suprématie qualitative » d’Israël pour les prochaines années ; ils ont aussi promis de coopérer avec Israël sur toute une série de dossiers, particulier dans les domaines de la cybertechnologie et de la lutte contre les tunnels du Hamas.
DOLLARS CONTRE SHEKELS
Pour faire face aux nouveaux défis régionaux, Israël demande aux États-Unis de lui fournir trois types de matériel. Le premier groupe concerne les avions de chasse F-35 supplémentaires (Israël en a déjà commandé 33 exemplaires), une escadrille des nouveaux F15 et des appareils de transport hybrides avions/hélicoptères V-22.
Le second groupe de matériel concerne des armes de précision et des bombes spéciales anti-bunker. Quant au troisième groupe, il concerne les moyens de défense aérienne comme le système d’interception de missiles balistiques de longue portée “Hets” (Flèche), le système d’interception des obus et roquettes de courte portée “Sharvit Ksamim” (Baguette Magique) et le Dôme de fer (“Kipat Barzel”).
L’augmentation de la générosité américaine (en dollars) aura un impact sur les dépenses militaires (en shekels) d’Israël: l’aide du gouvernement des États-Unis oblige Israël à investir davantage dans les infrastructures, dans la formation des soldats et dans les entraînements militaires. Or l’an dernier, ce fut justement le manque de budget adéquat qui avait conduit au report de l’achat des appareils hybrides V-22.
RALLONGE BUDGÉTAIRE POUR 2016
Et cette année, le même scénario semble se reproduire ; la semaine dernière, les députés de la commission des Finances ont refusé d’avaliser le budget militaire pour 2015 d’ un montant de 56 milliards de shekels. Les députés ont exigé des militaires de réaliser des économies alors que Tsahal exige un rallonge jusqu’à 62 milliards de shekels.
Si un compromis budgétaire (pour 2015 et 2016) sera trouvé en Israël pour satisfaire aux exigences des militaires et des politiciens, une chose est déjà certaine : Benyamin Netanyahou ne reviendra pas les mains vides de Washington.
Mais en rentrant à Jérusalem, il devra manœuvrer étroitement sa coalition gouvernementale pour faire approuver le budget avant la date-butoir du 19 novembre prochain.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley
