vendredi 6 novembre 2015

Contrôleur de l’État : l'endettement des ménages israéliens est excessif

 
Le rapport du Contrôleur de l’État tire la sonnette d’alarme : l’endettement des ménages est plus grave que les chiffres officiels ne le disent. La Banque centrale, le ministère des Finances et le Bureau de la Statistique ne suivent pas suffisamment de près l’évolution de l’endettement des ménages israéliens ; c’est une constatation surprenante qui se trouve dans le dernier rapport annuel du Contrôleur de l’Etat publié ces jours-ci à Jérusalem, et qui pointe les dysfonctionnements des pouvoirs publics...



LE SPECTRE DE 2008

Le contrôleur Yossef Shapira va même plus loin ; il accuse les chiffres officiels de sous-estimer les dettes et le volume des crédits des ménages. Ce flou sur la fiabilité des chiffres rend problématique l’usage qui en est fait pour mesurer les risques pesant sur le système bancaire.
La crise mondiale de 2008 et les enseignements qui en ont été tirés devraient inciter les pouvoirs publics en Israël à un suivi plus étroit de l’endettement des ménages : « Cette nécessité est confirmée par l’augmentation accélérée des dettes des ménages entre 2008 et 2014 : celles-ci ont bondi de 60% pour atteindre 433 milliards de shekels à la fin 2014 et 455 milliards en septembre 2015 » s’inquiète le rapport.

MINI-BOMBE À RETARDEMENT

L’essentiel de l’augmentation de l’endettement provient des crédits hypothécaires qui représentent dorénavant 70% du portefeuille de crédit des Israéliens. Et le rapporteur n’est pas tendre pour la banque centrale accusée de passivité face à la montée du phénomène.
Responsable de la stabilité du système bancaire, la Banque d’Israël n’en ferait pas suffisamment pour appréhender le phénomène dans son ensemble : l’information existante n’est pas suffisamment détaillée, et il n’existe pas de données sur les usages des crédits et sur les taux d’intérêt moyens ».
La banque centrale se défend de négliger le niveau d’endettement des ménages ; au contraire, la banque agit pour améliorer les données disponibles, notamment en soutenant la création d’une base nationale de données sur les crédits des ménages.
 
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley