vendredi 6 novembre 2015

Le pompage de l'eau salée pour noyer les tunnels, un risque sanitaire à Gaza

 
 
La destruction du réseau de tunnels palestiniens, notamment sous la ville frontalière de Rafah, afin de stopper la contrebande d'armes à destination des insurgés islamistes dans le désert du Sinaï égyptien, pose un problème sanitaire et environnemental selon les responsables palestiniens...


Le pompage de l'eau salée en provenance de la Méditerranée à proximité des tunnels, décidé par les responsables égyptiens, ne crée pas seulement un "gâchis" mais serait également à l'origine de la contamination des sources d'approvisionnement en eau potable, représentant une menace pour les terres agricoles et un risque de propagation de maladies.
"Un mètre cube d'eau de mer pollue 40 mètres cubes d'eau souterraine", a déclaré Tamer al-Sleibi, directeur du département de l'eau de l'Autorité palestinienne pour la qualité de l'environnement dans la bande de Gaza, qui est préoccupé par les dommages environnementaux à long terme.
Le maire de Rafah, Subhy Rudwan, a également déclaré que les six puits qui alimentent en eau une ville de 230.000 habitants sont menacés par la contamination.
A cela viennent s'ajouter des risques d'érosion. "Nous suivons de près la situation à la frontière et nous avons remarqué quelques effondrements de terrain dans certains endroits", a-t-il déclaré.
Depuis 2014, l'Egypte a lancé la construction d'une zone tampon dans le nord de sa péninsule du Sinaï à la frontière avec l'enclave palestinienne, afin de détruire les centaines de tunnels creusés depuis Gaza et qui, selon le Caire, sont utilisés par des activistes palestiniens pour fournir des armes aux mouvements djihadistes du Sinaï.
"Le Hamas est impliqué dans des négociations avec les autorités égyptiennes pour leur demander de cesser le transfert d'eau vers les zones frontalières de Gaza avec l'Egypte pour détruire les tunnels de cette région", a déclaré Sami Abou Zohri, le Porte-parole de ce Mouvement. Abou Zohri souhaite que les autorités égyptiennes répondent positivement à cette demande.
"Le transfert d'eau de la Méditerranée vers les territoires palestiniens représente un danger pour les eaux souterraines. En plus, il détruira les maisons des Palestiniens", a-t-il ajouté.
Selon l'agence de presse Reuters, les responsables palestiniens à Gaza affirment que l'inondation des tunnels de contrebande par l'Egypte "a fait plus de dégâts dans l'enclave palestinienne en quelques semaines que les bombardements israéliens au cours des deux dernières décennies".
"Nous respectons nos voisins, et nous aimons l'Egypte, mais nos voisins rendent notre vie plus difficile", a par ailleurs déclaré à Reuters Mahmoud Bakeer, un résident de Gaza de 61 ans.
Entre 2008 et 2010, certains propriétaires de tunnels seraient devenus millionnaires grâce à un trafic diversifié incluant des véhicules Hummer, des machines à laver ou des vaches et des moutons, ayant recours au système de réseaux de tunnels.
Le Hamas a imposé une taxe sur ces marchandises.
Des résidents locaux ont indiqué qu'au sommet de leurs activités, après la prise de pouvoir du Hamas en 2007 et quand Israël a renforcé la fermeture de ses points de passage dans l'enclave, près de 2.500 passages souterrains serpentaient sous la frontière avec l'Egypte.
Environ 22.000 Palestiniens auraient travaillé dans cette "industrie" des tunnels. Toutefois, elle a diminué de façon considérable depuis 2010, après qu'Israël, soumis à la pression internationale, a permis le transfert de plus de marchandises via les points de passage terrestres.
Israël continue à considérer ces tunnels comme le principal outil des mouvements islamistes Hamas, qui contrôle Gaza, et Jihad islamique, pour se fournir en armes et contourner le blocus très strict que les Israéliens imposent depuis 2006 au petit territoire palestinien.
Source I24News