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jeudi 9 février 2017

L’histoire oubliée du stalag 325

 

Un mois après son arrivée en Allemagne, Henri Brisson, fait prisonnier en 1940, pensait déjà à se faire la belle. Son compagnon d’infortune, Alfred Grimault, voulait rejoindre De Gaulle pour prendre sa revanche. L’un a dérobé un habit de cantonnier, l’autre une carte dans un livre de géographie, et, une nuit, ils se sont évadés par la fenêtre, leurs draps noués en guise de corde.....



Avec les étoiles pour seul guide, ils erreront quelques jours, avant d’être rattrapés en tentant de faire du feu pour rôtir des poulets volés.
Digne d’un roman d’aventure, cet épisode rocambolesque, raconté avec malice par les deux compères aujourd’hui âgés de 99 et 97 ans, pourrait faire sourire si la suite de leur parcours ne faisait pas froid dans le dos.

Un récit effroyable, filmé avec une grande retenue

Comme près de 25 000 évadés multirécidivistes, Henri Brisson et Alfred Grimault sont envoyés au stalag 325 de Rawa Ruska, un camp de répression créé par la Wehrmacht en Galicie (Ukraine), non loin du « triangle de la mort » des camps d’extermination de Treblinka, Auschwitz, Sobibor et Belzec.
« Logés » dans des baraquements sans chauffage, où les paillasses grouillent de vermine, les jeunes internés français sont nourris de soupe claire dans laquelle « flottent des branches de sapin ».
Humiliés, battus quotidiennement, ils s’épuisent à construire des routes, à l’aide de pierres tombales récupérées dans le cimetière juif du ghetto voisin. La voix brisée, plusieurs rescapés racontent à la réalisatrice Chochana Boukhobza les atrocités dont fut victime la communauté juive locale et dont ils témoignèrent dès 1943.
À leur récit effroyable, filmé avec une grande retenue, succède celui de nouvelles évasions spectaculaires, réussies cette fois. Mais la liberté retrouvée gardera un goût amer.
En conclusion de ce film poignant, illustré de dessins et d’archives en couleurs inédites, Alien Fournier, parti au régiment à 21 ans et revenu à 30, parle avec émotion de sa « jeunesse gâchée », celle de toute une génération.

Les évadés de Rawa Ruska, témoins de la Shoah, Jeudi 9 février, à 23 h 25 sur France 3
Cécile Jaures

Source La Croix
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