lundi 9 novembre 2015

Israël-UE : 1% des exportations israéliennes est issu de Judée-Samarie !

 
Israël redoute l’étiquetage des produits fabriqués dans les territoires palestiniens; cette mesure symbolique n’affectera pas l’économie israélienne. La ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely renouvelle d’efforts diplomatiques pour tenter de freiner le projet européen d’étiqueter les produits en provenance de Judée-Samarie...


Cette mesure, débattue de longue date au sein des institutions européennes, devrait être confirmée par l’UE dans les jours à venir. En effet, la Commission européenne devrait adopter rapidement des directives obligeant les produits de Cisjordanie, du Golan et de Jérusalem-Est, à être présentés comme tels, et non comme fabriqués en Israël.

DÉCISION IMMINENTE

Pour l’Union européenne, cette disposition vise à respecter les accords commerciaux établis avec Israël. Le dernier en date est l’accord bilatéral, signé en 2005, qui précise que « les marchandises produites dans les colonies de peuplement israéliennes implantées dans les territoires placés sous administration israélienne depuis juin 1967 ne peuvent pas bénéficier du régime tarifaire préférentiel prévu par l’accord d’association UE-Israël ».
En fait, l’application de cette mesure a été reportée à plusieurs reprises par l’UE. En début d’année, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont une nouvelle fois prôné la mesure. En septembre dernier, une motion encourageant la Commission européenne à statuer en ce sens a été votée au Parlement européen.

SANCTION DE LA " COLONISATION "

Les localités israéliennes au-delà de la « ligne verte » établie en 1949 sont illégales au regard du droit international. Au cours des cinq dernières décennies, de nombreuses entreprises israéliennes ont installé des chaines de production dans une des localités juives ou zones industrielles installées en territoire palestinien. Si elles fournissent aussi de l’emploi à 20.000 Palestiniens, ces entreprises exportent une partie de leurs produits vers l’Europe sous la mention « Made in Israel ».
L’accord Israël-UE de 2005 n’empêche pas l’exportation de produits de Judée-Samarie : il exclut ces marchandises des avantages commerciaux conclus entre l’UE et Israël. Pour respecter les accords signés, l’Europe a établi une liste de « lieux non admissibles » au tarif préférentiel lié aux avantages du marché commun. Certains y voient une façon de sanctionner la colonisation israélienne, tout en évitant le boycott interdit par la législation européenne.

CONTRIBUTION DES TERRITOIRES PALESTINIENS

Au-delà de l’aspect symbolique de la décision européenne, quelles seraient les retombées d’un changement d’étiquetage sur l’économie israélienne ? Officiellement, les autorités israéliennes refusent de dévoiler l’ampleur de l’activité économique d’Israël dans les territoires palestiniens. En l’absence de chiffres officiels, les divergences de vue ont longtemps dominé le débat public.
Or les chiffres existent ; en adhérant à l’OCDE, Israël s’est engagé à révéler la contribution des activités économiques réalisent en Cisjordanie, Jérusalem-Est et sur le plateau du Golan. Selon le rapport publié en 2011 par l’OCDE et intitulé « Study on the Geographic Coverage of Israeli Data », les territoires palestiniens contribuent à 2,4% de la production industrielle israélienne. Du côté de la production agricole, qui est plus marginale pour l’économie israélienne, la contribution des territoires palestiniens est de 7,8%.

1% DES EXPORTATIONS VERS L’EUROPE

Les exportations israéliennes en provenance de Judée-Samarie vers l’Europe sont aussi marginales; elles ne dépassent pas les 200 millions de dollars par an, soit 1% seulement des 20 milliards de marchandises israéliennes exportées chaque année vers l’Europe.
Les produits israéliens concernés par le nouvel étiquetage concernent une gamme très large, comme : vins, cosmétiques, dattes, légumes frais, etc. La crainte des autorités israéliennes ne se limite pas à ces seuls produits ; le consommateur européen ne distingue pas forcement les produits fabriqués en Israël de ceux fabriqués en Judée-Samarie, d’où un risque réel pour l’ensemble des produits « Made in Israël ».

Jacques Bendelac (Jérusalem)

Source Israel Valley