Le Tribunal de Jérusalem ordonne le gel des licenciements, permettant l’annulation de la grève qui devait paralyser le Sud d’Israël. Le mouvement de grève, programmé pour ce jeudi dans le sud d’Israël, s’annonçait comme le plus important que le pays ait connu depuis 2012. Mais les juges des Prud’hommes de Jérusalem en ont décidé autrement : hier soir, ils ont ordonné aux syndicats et au patronat de s’asseoir autour de la table des négociations durant les quinze jours à venir...Analyses...
C’était pour faire face à la recrudescence des licenciements dans le sud d’Israël que les syndicats avaient lancé un préavis de grève : d’Ashdod à Eilat, les salariés auraient dû paralyser l’activité économique, dans le secteur privé comme public.
UN CONFLIT SOCIAL
L’étincelle, qui a allumé la flamme de la révolte sociale, se trouve à Neot Hovav, une localité sise à 12 km de Beer-Sheva : le groupe Israel Chemicals, qui emploie des centaines de salariés de la région, refusait d’annuler son plan de licenciements. Résultat : une menace de grève ce jeudi, qui a été suspendue in extremis par les juges de Jérusalem.
Officiellement, la grève visait à annuler les vagues de licenciements prévus par différentes usines de la région. Au début février, les 800 salariés de l’usine Bromine Compounds (appartenant aussi au groupe Israel Chemicals) avaient déclenché une grève pour annuler les lettres de licenciements envoyés à 140 de ses salariés.
Quinze jours plus tard, ce fut au tour des 1.200 salariés de l’entreprise Dead Sea Works de se mettre en grève après le refus de leur direction d’annuler 135 licenciements. Progressivement, le débrayage a fait tache d’huile pour s’étendre à la plupart des entreprises du sud du pays.
UN CONFLIT GÉOGRAPHIQUE
Le dialogue social « Nord-Sud » paraît donc rompu en Israël. Pour la première fois, une grève « géographique » était sur le point de se déclencher, uniquement dans le Sud du pays ; un moyen pour la confédération syndicale, la Histadrout, de remettre à l’ordre du jour les déséquilibres économiques qui existent en Israël entre le Centre (plus favorisé) et le Sud (défavorisé).
Dorénavant, la grève est suspendue pour les quinze jours à venir ; si les partenaires ne parviennent pas à un accord, la menace de débrayage sera reconduite après les législatives.
Ce mouvement de grève était d’autant plus menaçant que les fonctionnaires (municipalités, Etat, services publics) devaient s’associer aux salariés des entreprises du secteur privé de la région Sud. Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley