Israël a restitué mercredi soir le corps d'Ibrahim Saqafi, un terroriste palestinien et résident d'Hébron, qui avait blessé deux gardes-frontières israéliens plus tôt dans la journée dans une attaque à la voiture bélier en Judée-Samarie. La restitution du corps de Saqafi survient en dépit de la décision antérieure d'Israël de remettre les corps des terroristes aux Palestiniens...
L'attaque s'est produite à Halhul sur un important axe routier qui traverse la Judée-Samarie du nord au sud, dans un secteur secoué par de nombreuses violences récemment.
Le corps de Saqafi a été remis aux Palestiniens au point de contrôle de Tarqumia, avant d'être rapatrié à Hébron. Les funérailles auront lieu jeudi après-midi, bien qu'Israël avait auparavant stipulé qu'il ne remettrait les corps des terroristes qu'à la condition que les familles n'organisent pas des funérailles de grande ampleur.
Hébron et ses environs sont le théâtre d'affrontements quotidiens entre jeunes Palestiniens et forces israéliennes, et d'attaques au couteau ou à la voiture bélier contre des soldats ou des civils israéliens.
De nouvelles violences ont éclaté samedi dernier à l'issue des funérailles de cinq terroristes palestiniens dont les autorités israéliennes avaient jusqu'ici refusé de rendre les corps.
Hébron est la ville où on recense le plus grand nombre de terroristes tués lors la dernière vague de violence qui continue de frapper Israël et la Judée-Samarie.
" Quantité sans précédent " d'inculpations
Par ailleurs, Israël a enregistré une "quantité sans précédent" des suspects et d'inculpations de détenus accusés d'avoir pris part à des émeutes au cours des deux derniers mois.
Depuis la première attaque survenue lors de la veille de Roch Hachana (nouvel an juif) dans un quartier juif de Jérusalem-Est, au cours de laquelle un Juif israélien a été tué, 1.553 personnes ont été arrêtées lors d'émeutes et 437 inculpées, selon des données de la police obtenues par Ynet.
Quelques 797 personnes ont été arrêtées lors d'incidents à Jérusalem, la plupart d'entre elles étant originaires de la partie orientale de la ville, selon le rapport de la police. Quelque 120 actes d'inculpation ont suivi ces arrestations.
Parmi les 499 personnes arrêtées pour troubles à l'ordre public en Judée-Samarie, 237 ont été inculpées, selon le rapport.
L'activité intensive d'arrestation est intervenue après que six équipes spéciales d'enquête ont été déployées à Jérusalem pour une opération de 10 jours.
Le ministre israélien de la Défense Moshe Ya'alon a pour sa pat déclaré à la Knesset mercredi que la rétention des corps ne dissuade pas les potentiels terroristes, "contrairement aux démolitions de maisons ou à la révocation de la citoyenneté, qui sont des mesures dissuasives avérées".
Concernant la question des restitutions des corps, Ya'alon a expliqué que, jusqu'à présent, elles étaient décidées au cas par cas sans exclure pour autant la restitution de corps supplémentaires. "Les corps doivent être remis, tant que cela se fait dans le calme et que des funérailles modestes sont organisées", a-t-il déclaré.
"(Notre) politique est cohérente et raisonnée, en accord avec des considérations éthiques et sécuritaires", a ajouté Ya'alon.
Depuis le 1er octobre et le début de l'enchaînement de violences, les heurts et les attentats anti-israéliens ont fait 70 morts parmi les Palestiniens, dont un Arabe israélien, et neuf parmi les Israéliens. La moitié des Palestiniens tués l'ont été en commettant ou tentant de commettre des attentats.
Nouvelle diffamation de sang
L'ambassadeur palestinien à l'ONU, Riyad Mansour, a déposé une plainte officielle contre Israël mercredi, alléguant qu'il manquait des organes sur les corps des terroristes qui ont été remis jusqu'à présent par l'Etat hébreu.
"Un examen médical effectué sur les corps de Palestiniens remis après qu'ils ont été tués par la puissance occupante a constaté qu'il y avait des organes manquants", a revendiqué Mansour dans la lettre adressée à l'ONU.
L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon a répondu au secrétaire général de l'ONU, affirmant que le "visage antisémite du représentant palestinien a été révélé" et que l'allégation était une nouvelle "diffamation de sang". Danon a exhorté l'ONU à condamner fortement les "déclarations incendiaires du représentant palestinien et d'éradiquer l'antisémitisme des couloirs de l'Organisation des Nations Unies".
En outre, le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, a appelé mercredi à former une direction regroupant tous les mouvements palestiniens pour mener l'"Intifada" contre Israël, nom que son mouvement donne à l'actuelle vague de violences.
S'adressant à des journalistes à Gaza par vidéoconférence depuis Doha, M. Mechaal a exhorté les Palestiniens à "former une direction opérationnelle de l'Intifada", insistant sur "la nécessité de se mettre d'accord sur une stratégie de lutte commune qui soit efficace et mette la pression sur l'occupant (Israël, ndlr) pour parvenir à nos objectifs".
M. Mechaal a encore plaidé pour "la résistance sous toutes ses formes, armée ou non (...)", en soulignant que "l'Intifada" vise à "affronter les colons et défendre les lieux saints musulmans".
Depuis 2007 et la prise du pouvoir à Gaza par le Hamas, l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas n'exerce réellement son pouvoir que sur une partie de la Judée-Samarie alors que les divergences restent profondes entre les deux parties.
Source I24News
