vendredi 13 novembre 2015

Immobilier : Pourquoi les investisseurs en Israël fuient la pierre ?


Les achats d’investissement ne représentent plus que 15% des transactions. À l’origine: le relèvement de la taxe sur l’immobilier d’investissement. C’est une bonne nouvelle pour le gouvernement israélien : la part des investisseurs dans le marché immobilier israélien est tombée à son plus bas niveau historique. En août dernier, les achats dans la pierre ne représentaient plus que 15% des transactions, contre 35% au second trimestre 2015. La hausse des taxes sur l’immobilier d’investissement semble avoir provoqué l’effet escompté...Analyse...


UN TIERS DES TRANSACTIONS

En Israël, un « achat d’investissement » est défini comme l’achat d’un second logement : le propriétaire investit son capital à la recherche d’un rendement sûr, notamment en destinant le bien immobilier à la location.
Traditionnellement, les achats immobiliers d’investissement en Israël représentent une part importante des transactions globales : en 2014, les investissements immobiliers constituaient 26% des acquisitions de logements. Dans les années 2009 à 2011, les investissements dans la pierre représentaient près de 30% des achats ; le taux est descendu à 24% entre 2011 et 2013 pour remonter à un niveau record de 35% au début 2015.

FISCALITÉ DISSUASIVE

Face à la pénurie de logements, le gouvernement israélien avait décidé de relever la taxe d’achat (en hébreu : Mass Rehicha) qui pèse sur les transactions immobilières. Objectif : freiner les achats d’un second appartement par de riches propriétaires, ce qui permettrait d’accroître l’offre de logements disponibles sur le marché, notamment pour les jeunes couples.
En juillet dernier, le ministre des Finances Moshé Kahlon faisait adopter un nouveau barème de la taxe sur les achats d’investissement : celle-ci est passée à 8% (au lieu de 6%) sur les logements d’une valeur allant jusqu’à 4,8 millions de shekels (soit plus d’un million d’euros) ; au-delà, la taxe a été fixée à 10% (au lieu de 8%).

RECENTRAGE DES ACHATS

Le résultat de cette nouvelle politique fiscale ne s’est pas fait attendre : en quelque mois seulement, la part des investissements a chuté brutalement de 35 à 15%.
La dernière note de conjoncture du ministère des Finances indique que « les chiffres provisoires du mois de septembre montrent une nouvelle baisse des transactions, qui s’explique aussi par les fêtes juives de Tishri ».
Si les transactions d’investissement se font plus rares, elles changent aussi d’orientation : un recentrage géographique et économique semble s’opérer. C’est ainsi que les investisseurs se reportent plus massivement vers les logements moins chers situés au Nord du pays ; en revanche, les appartements chers du centre et de la région de Tel Aviv sont délaissés par les investisseurs.
Dans le centre du pays par exemple (région appelée le Sharon), les transactions d’investissements ont chuté de 16% en août, alors que les achats d’un « premier logement » augmentaient de 3%.
Le poids des investisseurs est tombé de 30% il y a douze mois, à 17% en août dernier.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

Source Israel Valley