En 2015, les exportations israéliennes de biens et services reculeront de 2%. La reprise, prévue pour 2016, risque de ne pas être au rendez-vous. La tension sécuritaire en Israël et la crise du commerce international pourraient faire une victime supplémentaire : les exportations israéliennes de marchandises et de services. En 2015, celles-ci reculeront d’environ 2%, après une hausse de 2,6% en 2014...
En revanche, une reprise des exportations est prévue pour 2016 : + 4,1% selon le ministère des Finances et + 5,4% selon la Banque centrale. En fait, les prévisions pour l’an prochain semblent un peu trop optimistes.
D’abord, parce que le FMI vient de revoir à la baisse ses prévisions du commerce international pour 2016 ; ensuite, parce que la poursuite des actes de violences pourrait aussi porter un coup dur aux échanges commerciaux d’Israël avec ses partenaires, palestiniens compris.
INDUSTRIE : PERTES DE MARCHÉS EXTÉRIEURS
Le patron des industriels israéliens est inquiet : Shraga Brosh craint que l’escalade du terrorisme en Israël finisse par convaincre les Israéliens de rester chez eux. Et la baisse de la consommation des ménages portera atteinte aux industries israéliennes ; notamment aux PME qui n’ont pas les réserves financières pour attendre des jours meilleurs.
Shraga Broch réclame donc l’aide de l’État pour renforcer les exportations, ce qui permettrait de compenser le recul de la consommation intérieure. Or, en raison de l’instabilité régionale, les marchés extérieurs risquent d’absorber moins de produits israéliens en 2016.
Une des principales craintes des industriels israéliens est de voir le marché palestinien se fermer aux produits israéliens. Les Palestiniens sont les parmi les premiers clients des industries israéliennes : chaque année, Israël vend à l’Autorité palestinienne pour 4 à 5 milliards de dollars de marchandises. La perte de ce marché entraînerait un sévère manque-à-gagner pour les entreprises israéliennes.
AGRICULTURE : FONDS DE SOUTIEN
Autre secteur israélien qui subit une baisse de ses exportations : l’agriculture. Les causes sont multiples : un shekel trop fort, le marché russe en crise, des coûts de production trop élevés, les marges bénéficiaires de la filière agroalimentaire, la récession internationale et la détérioration des conditions d’échange, etc.
Pour venir en aide aux agriculteurs, le ministère de l’Agriculture met en place ces jours-ci, un nouveau fonds de soutien : celui-ci sera doté de 200 millions de shekels (45 millions d’euros) et il sera destiné aux agriculteurs qui exportent leur production.
Ceux-ci se verront accorder des crédits subventionnés ainsi que la garantie de l’État à hauteur de 85% de leurs emprunts bancaires. Les principales productions qui seront encouragées par ce fonds sont les primeurs, légumes, fruits et fleurs.
DÉFENSE : TROISIÈME ANNÉE DE BAISSE
Depuis trois ans, les exportations israéliennes de matériel militaire sont en baisse : si elles se chiffraient à 7,5 milliards de dollars en 2012, les exportations militaires sont passées à 6,5 milliards en 2013 et 5,6 milliards en 2014. Pour 2015, le montant des exportations militaires pourraient redescendre en dessous des 5 milliards de dollars.
Les experts israéliens estiment que le marché mondial de l’armement se rétrécit régulièrement : les clients traditionnels achètent de moins en moins, et ils demandent parfois, en contrepartie, des transferts de technologie difficilement réalisables. De même, la baisse des prix sur le marché mondial de l’énergie se traduit, pour beaucoup de pays, par une baisse de leurs ressources et donc de leur budget militaire.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley