Plus d’un milliard de shekels : c’est la somme qui pourrait rentrer dans les caisses du Trésor israélien si l’Etat vend ses actions de la Leumi. Le gouvernement israélien souhaiterait se retirer entièrement du secteur bancaire ; il détient aujourd’hui 6% du capital de la banque Leumi dont il voudrait de défaire. Au prix actuel du marché, les actions détenus par l’Etat valent 1,18 milliard de shekels, soit 250 millions d’euros. En se retirant de la banque Leumi, l’Etat d’Israël achèvera la privatisation totale du secteur bancaire...
UNE BONNE AFFAIRE POUR LE TRÉSOR PUBLIC
La détention par l’Etat d’un paquet d’actions de la Leumi n’est plus considérée comme un investissement attractif par les fonctionnaires du Trésor : la banque n’a pas distribué de dividendes depuis longtemps et elle n’en distribuera pas dans les années qui viennent. Par ailleurs, la faible participation de l’Etat ne permet pas à ce dernier d’exercer une influence sur les décisions importantes du conseil d’administration.
Récemment, le ministre des Finances Yaïr Lapid s’était opposé à la politique de la banque Leumi en matière de rémunération de ses dirigeants, mais sans avoir le pouvoir de la modifier. En revanche, en vendant son paquet d’actions, l’Etat fera rentrer plus d’un milliard de shekels dans ses caisses, ce qui sera une bonne opération pour le financement des dépenses publiques.
LA NATIONALISATION DE 1983
C’est en 1983 que l’Etat avait nationalisé la banque Leumi à la suite de la crise boursière qui avait conduit les grandes banques israéliennes à la faillite. L’effondrement des valeurs bancaires de 1983 était, en partie, la conséquence de manipulations de cours de la part des actionnaires de contrôle. Il en a résulté un « arrangement relatif aux valeurs bancaires » selon lequel les Pouvoirs publics ont pris le contrôle de quatre des cinq premières banques du pays (à l’exception de la First International Bank).
Au fil des ans, l’Etat a vendu au public sa participation dans la banque : dorénavant, le groupe bancaire Leumi compte parmi les actionnaires importants, l’homme d’affaires Shlomo Eliyahu, avec une participation de 9,59%. L’Etat d’Israël détient donc une participation minoritaire de 6,03%.
Après avoir vendu la majorité du capital de la banque, l’Etat éprouve des difficultés à se « débarrasser » des derniers 6% en sa possession. Il y a trois ans déjà, le Trésor avait publié un appel d’offres pour vendre ses actions pour une valeur de 1,3 milliard de shekels, mais aucun investisseur sérieux ne s’était fait connaître.
PREMIÈRE BANQUE D’ISRAËL
La Banque Leumi est dorénavant la première banque du pays avec des actifs d’un montant de 376 milliards de shekels, soit 30% des actifs bancaires du pays . En 2012, la banque employait en Israël 13.000 salariés répartis sur 330 agences. Les autres grands groupes bancaires du pays sont la banque Hapoalim (27% des actifs bancaires du pays) et l’Israël Discount Bank (17% des actifs bancaires).
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley
