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lundi 15 mai 2017

Une Castraise sur les traces de son père «Juste parmi les nations»

 

La Castraise Marie-Hélène Pauthe-Clément a appris tardivement que son père Georges avait été reconnu «Juste parmi les nations» pour avoir aidé son ami polonais juif rencontré dans les camps du STO en Allemagne pendant la guerre 39-45. C'est une belle histoire d'amitié, de fraternité mais aussi de courage qui lie deux familles : l'une vit à Castres et l'autre à Jérusalem. 3000 kilomètres les séparent mais elles sont unies pour toujours......



En 2005, Marie-Hélène Pauthe-Clément, de Castres, est au chevet de son papa, Georges qui est en fin de vie. Ce dernier lui confie un paquet de lettres, en lui disant : «Tu les liras, quand tu auras le temps». Quelques jours après, à la lecture de ce courrier, Marie-Hélène découvre une adresse en Israël et tout un pan de vie de son papa.
Elle savait que pendant la guerre 39-45, son père avait intégré un camp de travail en Allemagne (STO) et qu'il s'était lié d'amitié avec un certain Meier Markscheid, sans plus de détails.
Meier, polonais d'origine juive, lui, était déporté à proximité du camp de Georges. Ils travaillaient tous deux sur un même chantier. Si Meier n'avait pas le droit de parler, il avait remarqué que Georges était doté d'un accent tarnais. Avant son arrivée en Pologne, Meier et sa famille étaient assignés à résidence à Lacaune !
Jean-François, époux de Marie-Hélène, confirme : «C'est l'accent du Tarn qui les a rapprochés». Si les conditions de vie étaient très difficiles pour Georges, celles de Meier étaient épouvantables.
Marie-Hélène, apprendra la suite de l'histoire par la voix de Léa, fille de Meier, celle qui correspondait avec Georges. Léa, expliquera que Georges, au péril de sa vie, cachait régulièrement de la nourriture qu'il réservait à Meier ou encore qu'il relevait des messages que Meier écrivait sur des sacs de ciment, pour pouvoir les rédiger par la suite et faire parvenir des lettres à la famille de Meier, sa femme et ses enfants, dont Léa, à Lacaune.
Tout cela pendant près de deux ans. Hélas, Meier disparaîtra malgré tout en déportation, mais Léa a repris contact avec Georges, voulant en savoir un peu plus sur son papa. Léa a entrepris de longues démarches pour que Georges soit reconnu «Juste parmi les nations».
La plus haute distinction attribuée par l'État d'Israël et qui honore ceux qui ont aidé ou sauvé des juifs pendant la dernière guerre. Quelques jours avant son décès, Georges a su qu'il recevrait la médaille des Justes décernée ensuite à titre posthume.
Marie-Hélène, si fière de ce papa très discret qui a contribué à apporter un peu de douceur, de force ou d'espoir au cœur de l'enfer, poursuit avec émotion : «Quand, Léa est venue me voir à Castres c'est comme si on s'était toujours connues».
Le 23 avril dernier, Marie-Hélène et son époux, étaient invités à Jérusalem, aux côtés de Léa, à assister à «La Journée du souvenir des martyrs et des héros de la Shoah», en présence du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Yad Vashem, lieu dédié à la Shoah.
«C'était extrêmement émouvant, poignant», raconte Marie-Hélène, les larmes aux yeux quand elle évoque «le musée consacré aux enfants et les témoignages des rescapés.
Il y a quelques années, on plantait un arbre pour chaque Juste, maintenant les noms sont inscrits sur une stèle au jardin des Justes», explique Marie-Hélène, avant d'ajouter : «J'ai eu l'impression que mon père était enterré là-bas, un sentiment inexplicable».
Elle parle aussi d'un passage de témoin à travers ces lettres dont elle ne manquera pas d'en faire lecture auprès de ses petits enfants, ou comme envers son fils Pierre Colombié qui, lui aussi, à déjà participé aux cérémonies. De son côté, Léa Markscheid livre aussi un témoignage au cœur d'un ouvrage très émouvant, intitulé : «Le passé au présent» (éditions L'Harmattan).
Ce livre, elle l'a dédicacé à Marie-Hélène : «Sa sœur de cœur».
Le nom de Georges Pauthe, lui, figure donc pour l'éternité à Jérusalem, mais aussi à Paris (Mémorial de la Shoah et au Panthéon). Une belle leçon d'humanité.

Mireille Moley

Source La Depeche
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