Pages

jeudi 30 janvier 2020

Poitiers: Retour sur l’enfer vécu par la famille Achach


Une simple photo d’identité datée du début de la Seconde Guerre mondiale trouvée par hasard dans un tiroir va entraîner Laurent et surtout son frère Jean-Louis Bévélacqua (ci-dessus), généalogiste amateur à rechercher l’identité de cette belle inconnue au sourire gracieux.......Détails........


« C’est lors de recherches familiales que j’ai découvert cette petite photo représentant une amie de ma mère déportée et assassinée à Auschwitz. Ma mère m’avait demandé de chercher ce qu’elle était devenue. » 
La photo, c’est celle d’Yvette Achach, originaire de Moselle. 
A la suite de la débâcle, sa famille arrive à Poitiers en 1940 et s’installe d’abord au 53 rue des Feuillants, puis au 25 rue de la Cathédrale.

« Le syndrome du survivant »

Jacob, le père, trouve un emploi au sein de l’établissement Alexandre Dony au 45, rue Gambetta. 
Il est recruté a priori par le gérant de l’époque, Georges Laplaud. Leur seul crime : ils sont de confession juive. Jacob est amputé d’une jambe (blessure de la guerre 14/18). Malheureusement pour la famille Achach et pour les juifs de Poitiers, le préfet de Région Louis Bourgain répond favorablement aux ordres du sturmbannfürer nazi Hérold. 
« On peut imaginer la brutalité avec laquelle cette rafle a dû être exécutée. Il semble que la milice était partie prenante dans l’opération », précise Jean-Louis Bévélacqua. Jacob, Anna la maman, Gisèle et Yvette, leurs filles, seront déportées le 30 janvier 1944 et ne reviendront pas. 
Seule Rachel, la troisième fille de la fratrie échappera au massacre.

De belles amitiés

La veille de la rafle, elle est portée disparue par les autorités du régime de Vichy. 
Disparue mais pas pour tout le monde car la jeune fille aura la vie sauve grâce à la complicité d’une famille de Bonneuil-Matours. 
Soucieux du devoir de mémoire, Jean-Louis Bévélacqua, avec l’accord des descendants de Rachel Achach, publie cette tragédie familiale sur un site de généalogie. 
De son côté, Yohann Gardie, professeur d’histoire à Châtellerault et ses élèves travaillent sur un projet pédagogique et en particulier sur cette famille choisie au hasard parmi les familles juives déportées.
L’histoire est belle, puisqu’aussitôt des contacts sont pris entre eux de façon à approfondir et enrichir les recherches sur cette fratrie victime de la folie du régime nazi. 
Le début d’une amitié entre les trois hommes mais également avec les survivants de cette famille au destin tragique venue en terre poitevine contre leur gré. 
« Rachel Achach, décédée en 1972, a souffert durant toute sa vie du syndrome du survivant. Elle en parlait peu. Heureusement, devenue professeure des écoles, elle réussira à échapper à cette idéologie funèbre. 
Mariée à Pierre Devergne, elle donne la vie à deux enfants, Yves et Sylvie. 
En chacun d’entre eux vivent les gènes de Jacob, Anna, Gisèle, Yvette et tous les déportés de même confession », disent en cœur les trois narrateurs.
Selon les trois hommes, « nous avons demandé à la mairie qu’une plaque retraçant leur calvaire soit posée sur la façade du 25 rue de la Cathédrale. Hélas, notre demande reste muette pour le moment. 
C’est bien regrettable pour le devoir de mémoire. Espérons qu’un jour enfin, le maire de Poitiers prenne en compte notre demande ».

PS:
En cherchant une photo de Yvette, j'ai trouvé cet article qui vient nous en apprendre plus sur cette affaire puisque une autre jeune fille a été recherchée, il s'agit de Suzy-Eva Shaechter:
Yvette ACHACH et Suzy-Eva SCHAECHTER étaient au lycée de Poitiers en 1941-42 et ont été sauvées de l'oubli par l'enquête de l'une de leurs camarades de classe, Clara de Huert, qui s'est engagée à découvrir ce qui est arrivé à ses amis.
Suzy-Eva Schaechter est née le 18 janvier 1928 à Troppau, en Tchécoslovaquie. Elle est entrée dans la zone de Vichy en 1942 et a été arrêtée à Courthezon (Vaucluse) dans le sud-est de la France. 
Elle a été envoyée au camp des Milles, transférée à Drancy et déportée sur convoi le 29 septembre 7 septembre 1942. 
Yvette Achach a été arrêtée dans le grand rassemblement de Juifs français dans la région de Poitiers et déportée sur le convoi 68 du 10 février 1944, le long de avec son amie Odette KAHN. 

Elle est née le 17 octobre 1927 à Oran en Algérie et résidait au 26 rue de la Cathédrale à Poitiers.

Yvette Achach

Suzy Eva Shaechter

Source La Nouvelle Republique & Koide9enisrael
Vous nous aimez, prouvez-le....


Suivez-nous sur FaceBook ici:
Suivez nous sur Facebook... 
Sommaire
 Vous avez un business ?