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lundi 29 avril 2019

Placé à Selles-sur-Cher, il a évité Auschwitz


C’est une histoire incroyable racontée samedi 27 avril, au cinéma de Selles- sur-Cher. Sur scène, Charles Waserscztajn, 79 ans, dresse le récit de sa vie, aux côtés de Nathalie Grenon, responsable du Cercil, musée mémorial des enfants du Vel d’Hiv, à Orléans. Ensemble, ils ont retracé cette histoire, à partir de son dossier de l’Assistance publique.......Détails........



Une erreur de sa mère auprès de l’Assistance publique

Car Charles, né à Paris de parents juifs polonais le 22 juillet 1940, est rapidement placé par sa mère à l’Assistance. 
« Il est né sous Vichy, et les premières persécutions des Juifs », explique Nathalie Grenon. « Ma mère Tauba était démunie, sans travail, elle était très pauvre. 
A 5 mois, elle m’a confié à l’Assistance publique, temporairement », poursuit Charles. A ce moment-là, sa vie bascule. Comprenant mal le français, Tauba coche la mauvaise case, et le place à l’abandon. C’est ce qui le sauvera de la déportation.
Il vit alors chez une première nourrice, à Selles-sur-Cher. « J’y ai été de 5 mois à 5 ans et demi. J’ai très peu de souvenirs de cette période », raconte Charles. Pendant ce temps, son père, Jankiel, est pris dans une rafle en mai 1941 à Paris, et est emmené dans le camp de Pithiviers. Il fera partie d’un des premiers convois vers Auschwitz, en juin 1942. Sa mère, à Paris, fait tout pour récupérer son enfant.


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A l’Assistance publique, on commence à comprendre l’erreur faite par la mère. « On lui a laissé l’espoir qu’elle pourrait me récupérer. Elle refuse donc de quitter Paris malgré la menace. 
Le 18 juillet 1942, la décision est même prise de me rendre à ma mère », note Charles. 
« Mais à cette date, c’est la rafle du Vel d’Hiv, explique Nathalie Grenon, du Cercil. Elle a été arrêtée, mais relâchée, on n’emmenait pas les mères d’enfant de moins de 2 ans. Elle est allée à l’hôpital pour se faire opérer de l’appendicite, pour éviter les rafles. Mais à sa sortie, elle a été arrêtée par la police et envoyé au camp de Drancy, puis à Auschwitz. »
Là-bas, aucun dossier retrouvé à son nom : elle est morte soit dans le train, soit dès son arrivée au camp. 
Charles, lui, change de nourrice à la fin de la guerre, et se retrouve à Châtillon-sur-Cher. En 1947, sa tante obtient le droit de récupérer l’enfant. 
« Un monsieur s’est présenté chez ma nourrice, a dit “ je suis ton père et voici ton frère ”. 
En fait, c’était mon oncle et mon cousin. Ils me l’ont expliqué au bout de 3 jours. C’est le plus grand traumatisme de ma vie, je pensais avoir retrouvé une famille, et en fait j’étais toujours orphelin. »

Un livre pour raconter cette histoire

A la retraite, Charles se décide à retracer son histoire. 
« On a été à Auschwitz pour la première fois en octobre dernier, avant je ne pouvais pas », explique-t-il. 
C’est aussi en accédant à son dossier d’Assistance publique qu’il a pu apprendre, à 75 ans, que ses parents s’aimaient, et qu’il n’était pas né d’une union d’un soir. De ce dossier, est sorti un livre, Sauvé d’Auschwitz par l’Assistance publique, édité avec le Cercil. 
Charles continue à écumer les collèges et lycées pour raconter son histoire, et entretenir la mémoire de la Shoah.

Source La Nouvelle Republique

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