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lundi 7 novembre 2016

Le Contrôleur de l'État en Israël épingle la gestion des fonds publics




Poste, éducation, transports, etc. : le rapport 2016 du Contrôleur de l’Etat émet de vives critiques sur l’utilisation des fonds publics en Israël. Comme chaque année en Israël, le Contrôleur de l’Etat réalise et publie un rapport sur le dysfonctionnement des organismes publics et des rouages de l’Etat....





En Israël, le contrôleur de l’Etat remplit le rôle de la Cour des comptes en France : il a pour mission principale de s’assurer du bon emploi de l’argent public et d’en informer les citoyens.
Publié il y a quelques jours, le 67e rapport du contrôleur de l’Etat n’est pas passé inaperçu ; ce pavé de 1.200 pages dénonce la mauvaise gestion des fonds publics, les gaspillages et les erreurs des pouvoirs publics. Il s’accompagne aussi de recommandations pour remédier aux gaspillages et pour faire progresser la gestion des services publics au meilleur coût.
Dans son Rapport 2016, le contrôleur Yossef Shapira s’est concentré sur l’économie et les infrastructures, c’est-à-dire deux domaines qui ont une influence sur la vie quotidienne des citoyens israéliens. Tout y passe : la cyberdéfense, les accidents de la route, l’utilisation du budget de l’Education, les aides publiques aux rescapés de la Shoah, la Poste, les aéroports, etc. En voici quelques exemples.


ACCIDENTS DE LA ROUTE – « Une plaie pour le pays », n’hésite pas à écrire le rapporteur. Depuis la création d’Israël et jusqu’au début 2016, ce sont 32.000 personnes qui sont mortes sur les routes du pays. Après une baisse du nombre de morts entre 2005 et 2012, le chiffre est reparti à la hausse à partir de 2013. Le rapport dresse un bilan tres sévère des mesures prises par le ministère des Transports pour réduire les risques d’accidents et pour améliorer la sécurité routière.


DÉFENSE CYBERNÉTIQUE – Face à la menace d’attaques cybernétiques dans le monde, le rapporteur dénonce la lenteur des préparatifs du pays pour y faire face. Il a fallu trois ans au gouvernement israélien entre l’élaboration d’un plan d’actions (2011) et sa mise en place (2014). Si certaines infrastructures sont avancées, notamment dans le domaine militaire, la défense civile n’est pas encore parvenue à un niveau d’efficacité suffisant.


RESCAPÉS DE LA SHOAH – Le rapport contient un chapitre spécial consacré à la restitution des biens des rescapés de la Shoa « pour que la justice historique soit rendue ». La lenteur des procédures ne permet pas encore aux rescapés et à leurs héritiers de récupérer leurs biens perdus durant la Shoah. Et même lorsque les fonds existent, ils ne sont redistribués que trop parcimonieusement à des rescapés de moins en moins nombreux.


BUDGET DE L’ÉDUCATION – Cette année, le rapporteur a contrôlé le second poste de dépenses de l’Etat (après les dépenses militaires). Le rapport constate que si la dépense d’éducation par élève augmente depuis quelques années, elle ne permet pas de satisfaire aux objectifs du gouvernement, à savoir améliorer les résultats scolaires et réduire les inégalités géographiques qui persistent entre les différentes régions du pays.


ADMINISTRATION FISCALE – Le rapport critique sévèrement l’efficacité du fisc israélien : la lutte contre la fraude fiscale et contre l’argent noir est freinée par la stratégie d’optimisation fiscale qu’utilisent certains contribuables pour échapper légalement aux impôts. Les abus de droit ne sont pas décelés à temps et la législation n’est pas toujours adaptée aux développements modernes.


LA POSTE – Le contrôleur reçoit de nombreuses plaintes de citoyens concernant la distribution du courrier local et international. Le rapport dénonce des services postaux trop lents, des colis qui s’égarent. La Poste n’a pas réagi efficacement à l’essor du commerce international qui a vu la multiplication des commandes passées par les Israéliens à l’étranger par l’intermédiaire de sites Internet d’achats.


Jacques Bendelac (Jérusalem)


Source Israel Valley
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