Voici le texte de la Haftara traduit suivi par une analyse du rav Kohn....
Texte de la Haftara
Oracle, parole de l’Éternel à Israël par Malachie
Amour de Dieu pour Jacob
Je vous ai aimés, dit l’Éternel. Et vous dites : En quoi nous as-tu aimés ? Ésaü n’est-il pas frère de Jacob ? dit l’Éternel. Cependant j’ai aimé Jacob,
Et j’ai eu de la haine pour Ésaü, J’ai fait de ses montagnes une solitude, J’ai livré son héritage aux chacals du désert.
Si Édom dit : Nous sommes détruits, Nous relèverons les ruines ! Ainsi parle l’Éternel des armées : Qu’ils bâtissent, je renverserai, Et on les appellera pays de la méchanceté, Peuple contre lequel l’Éternel est irrité pour toujours.
Vos yeux le verront, Et vous direz : Grand est l’Éternel Par delà les frontières d’Israël !
Contre le culte hypocrite
Un fils honore son père, et un serviteur son maître. Si je suis père, où est l’honneur qui m’est dû ? Si je suis maître, où est la crainte qu’on a de moi ? Dit l’Éternel des armées à vous, sacrificateurs, Qui méprisez mon nom, Et qui dites : En quoi avons-nous méprisé ton nom ?
Vous offrez sur mon autel des aliments impurs, Et vous dites : En quoi t’avons-nous profané ? C’est en disant : La table de l’Éternel est méprisable !
Quand vous offrez en sacrifice une bête aveugle, n’est-ce pas mal ? Quand vous en offrez une boiteuse ou infirme, n’est-ce pas mal ? Offre-la donc à ton gouverneur ! Te recevra-t-il bien, te fera-t-il bon accueil ? Dit l’Éternel des armées.
Priez Dieu maintenant, pour qu’il ait pitié de nous ! C’est de vous que cela vient : Vous recevra-t-il favorablement ? Dit l’Éternel des armées.
Lequel de vous fermera les portes, Pour que vous n’allumiez pas en vain le feu sur mon autel ? Je ne prends aucun plaisir en vous, dit l’Éternel des armées, Et les offrandes de votre main ne me sont point agréables.
Les nations valent bien Israël
Car depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, Mon nom est grand parmi les nations, Et en tout lieu on brûle de l’encens en l’honneur de mon nom Et l’on présente des offrandes pures ; Car grand est mon nom parmi les nations, Dit l’Éternel des armées.
Mais vous, vous le profanez, En disant : La table de l’Éternel est souillée, Et ce qu’elle rapporte est un aliment méprisable.
Vous dites : Quelle fatigue ! et vous le dédaignez, Dit l’Éternel des armées ; Et cependant vous amenez ce qui est dérobé, boiteux ou infirme, Et ce sont les offrandes que vous faites ! Puis-je les agréer de vos mains ? dit l’Éternel.
Maudit soit le trompeur qui a dans son troupeau un mâle, Et qui voue et sacrifie au Seigneur une bête chétive ! Car je suis un grand roi, dit l’Éternel des armées, Et mon nom est redoutable parmi les nations.
Menace contre Israël
Maintenant, à vous cet ordre, sacrificateurs !
Si vous n’écoutez pas, si vous ne prenez pas à coeur De donner gloire à mon nom, dit l’Éternel des armées, J’enverrai parmi vous la malédiction, et je maudirai vos bénédictions ; Oui, je les maudirai, parce que vous ne l’avez pas à coeur.
Voici, je détruirai vos semences, Et je vous jetterai des excréments au visage, Les excréments des victimes que vous sacrifiez, Et on vous emportera avec eux.
Alliance avec Lévi
Vous saurez alors que je vous ai adressé cet ordre, Afin que mon alliance avec Lévi subsiste, Dit l’Éternel des armées.
Mon alliance avec lui était une alliance de vie et de paix, Ce que je lui accordai pour qu’il me craignit ; Et il a eu pour moi de la crainte, Il a tremblé devant mon nom.
La loi de la vérité était dans sa bouche, Et l’iniquité ne s’est point trouvée sur ses lèvres ; Il a marché avec moi dans la paix et dans la droiture, Et il a détourné du mal beaucoup d’hommes.
Car les lèvres du sacrificateur doivent garder la science, Et c’est à sa bouche qu’on demande la loi, Parce qu’il est un envoyé de l’Éternel des armées.
Analyse de la Haftara
La haftara de la paracha Toledot est formée par le premier chapitre et les sept premiers versets du deuxième chapitre du livre du prophète Malachie, le dernier de ce qu'il est convenu d'appeler les « Douze petits prophètes ».
Cette haftara nous projette d'emblée, dès ses deuxième et troisième versets, dans l'antagonisme Jacob-Esaü dont le récit forme l'essentiel de la paracha :
« Je vous ai aimés, dit Hachem ; et vous dites : En quoi nous as-Tu aimés ? Esaü n'était-il pas frère de Jacob ? dit Hachem ; et J'ai aimé Jacob, mais Esaü Je l'ai haï, et J'ai fait de ses montagnes une désolation, et J'ai livré son héritage aux chacals du désert. »
Comment comprendre cette haine de Hachem envers Esaü alors que la Tora nous fait interdiction « d'abominer l'Iduméen [en d'autres termes : les descendants d'Esaü], car il est notre frère » ( Devarim 23, 8) ?
Peut-être peut-on interpréter ce verset, comme le propose le Séfèr Torath Moché ( ad Berèchith 29, 30), à la lumière de deux versets apparemment contradictoires : « [Jacob] aima Rachel plus que Léa » ( Berèchith 29, 30) et : « Hachem vit que Léa était haïe » ( Berèchith 29, 31).
Lorsque la Tora dit que Léa était haïe, il faut comprendre cette « haine » comme signifiant en réalité un amour moins intense que celui que notre Patriarche portait à Rachel.
De la même manière, quand Hachem déclare qu'Il hait Esaü, cette haine pourrait ne signifier rien d'autre qu'un amour moindre que celui qu'Il porte à Jacob.
De la même façon, si la Tora nous interdit « d'abominer l'Iduméen », c'est pour que nous ne lui portions pas le même amour qu'envers les autres peuples.
Jacques Kohn
Source Massorti et Chiourim
