La Knesset a ouvert sa session d'hiver. Les discours d'ouverture ont évoqué une éventuelle guerre avec l'Iran et une paix possible avec les Palestiniens. Le président Shimon Peres, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le leader de l'opposition Shelly Yachimovich ont concentré la plupart de leurs discours sur l'agenda diplomatique. Cependant, la prochaine session sera susceptible d'être la session la plus spectaculaire au cours de ces dernieres années car les questions clés de politique intérieure de la Knesset pourraient rendre furieux le public ulta-orthodoxe, exacerber les législateurs arabes, accroitre la pénurie de logements et renvoyer des centaines de milliers d'Israéliens dans les rues comme en 2011...Bref les débats risques d'être houleux. Voici en exemple quelques sujets qui vont devoir être débatu bientot...
En Novembre, la Knesset doit se prononcer sur la loi " pour une meilleure gouvernance ", c'est en fait une ribambelle de de réformes concernant les règles électorales et concernant le fonctionnement du gouvernement proposé par Yesh Atid et Israel Beitenou. La plus spectaculaire des dispositions du projet de loi est le doublement du seuil électoral, le nombre de voix obtenues par un parti pour être admissible à recevoir des sièges à la Knesset, sera augmenté entre 200 et 400 %. Ce chiffre pourrait bien effacer toute chance de siéger a la Knesset pour les partis d'extrême droite et d'extrême gauche d'Israël qui devront fusionner avec de plus grands blocs plus centristes s'ils souhaitent participer à la vie politique au niveau national.
Ce nouveau seuil pourrait faire disparaitre de la knesset les trois partis arabes, le Hadash, Balad et Raam. A la fin de la dernière session, les députés arabes ont organisé une manifestation dans le plénum de la Knesset dans laquelle ils ont utilisé leur temps de parole au cours du débat à la Knesset pour se tenir en silence sur le podium pendant que les autres députés scandait : " Vous voulez une Knesset sans Arabes ". Les partisans de l'augmentation du seuil, qui a été initialement proposé par le Parti travailliste, soutiennent que loin de diminuer la représentation arabe, cela forcera les partis idéologiques arabes a créer des alliances plus larges afin d'attirer un public plus large. Le résultat serait un système politique qui favorise les compromis et l'unité plutôt que le systeme actuel qui favorise l'extrémisme. Le projet de loi dispose d'une majorité à la Knesset, la loi sera votée le mois prochain, même si un effort menée par les députés d' Hatnua est en cours pour rendre l'augmentation du seuil progressive en l'élevant de 3 % au cours des prochaines élections à la Knesset puis de 4% par la suite.
Les quatre prochains mois pourraient également voir le succès ou l' échec des pourparlers de paix avec les Palestiniens. Outre les retombées diplomatiques du résultat, il y aura probablement une retombée politique intérieure. Le parti travailliste s'est engagé récemment par la voix de Yachimovich a soutenir le gouvernement dirigé par le Likoud si il cherche à conclure un accord de paix car celui-ci sera difficile a faire accepter par les partenaires de la coalition plus bellicistes. La gauche reconnait donc officiellement les difficulté qu'aura Netanyahu a faire accepter tout accord de paix à un gouvernement qui comprend des ministres du foyer juif comme Naftali Bennett ou Uri Ariel, qui en principe rejettent tout retrait des territoires de Judée-Samarie.
La Knesset va également reprendre le débat controversé sur l'incorporation des ultra-orthodoxes dans le service militaire ou national. La question a joué un rôle non-négligeable dans l'effondrement du dernier gouvernement et est au cœur des programmes électoraux des deux principaux partenaires de la coalition, Yesh Atid et Habait Hayeudi. Dans la rue Haredi, la question a débordé dans la violence à plusieurs reprises et la reprise du débat est a haut risque pour le gouvernement.
Le gouvernement travaille également sur une nouvelle loi pour faciliter la vente de terrain et donc relancer la construction de nouveaux logements. Si ce projet ne passe pas, il est fort a parier que les israéliens descendront dans la rue pour dénoncer l'inertie politique et reclamer des réformes afin de permettre aux jeunes couples de se loger.
Enfin, au printemps viendra le moment de la retraite de Shimon Peres, la Knesset devra donc voter pour élire le nouveau président. Les candidats potentiels sont Reuven Rivlin, Binyamin Ben Eliezer, David Levy, Natan Sharansky et d'autres.
Source Koide9enisrael





