lundi 10 août 2020

Quand les nazis dépouillaient l'Europe de ses instruments de musique


On connaissait la spoliation d'oeuvres d'art en Europe durant la Seconde Guerre mondiale par les nazis, soit environ 100 000 à 400 000 prises selon les chiffres, mais saviez-vous qu'une brigade dédiée à la musique, la "Sonderstab Musik" avait aussi sévi dès le début des années 40 ? Un commando piloté par des musicologues avertis, armés d'une redoutable méthodologie.......Détails........


"Dès leur accession au pouvoir, les nazis ont développé une politique culturelle agressive de pillages en France et dans les territoires occupés. 
Dans la seule région parisienne près de 8 000 pianos ont été saisis et expédiés en Allemagne pour être transférés à la Haute École du Reich, dans des foyers d'officiers ou encore pour servir de bois de chauffage dans les camps", explique Pascale Bernheim, à l'origine de l'association Musique et spoliation invitée en début de semaine par le festival des "Musicales en Luberon", pour évoquer cette spoliation d'instruments que l'association, créée en 2017, s'attache à retrouver pour les restituer aux familles. 
"Pour arriver à leur fin, le commando écumait également les conservatoires, les musées et les collections privées, ainsi que les domiciles de musiciens juifs, dûment répertoriés dans un fichier constitué à cet effet, le "Lexique des Juifs en musique".
Et si certains instruments d'artistes de renom comme Arthur Rubinstein, Darius Milhaud ou Wanda Landowska ont en partie été retrouvés après la guerre, "tous n'ont pas eu la chance d'avoir une secrétaire comme celle de Wanda Landowska, qui a permis à la pianiste de récupérer une partie de ses biens". On ne compte plus en effet, le nombre d'instruments aujourd'hui disparus.
Il faut dire que le gouvernement, bien trop occupé sur d'autres plans durant l'après-guerre, a pourtant bien essayé de lancer rapidement un service de restitution, mais les procédures trop complexes décourageaient ceux qui s'y aventuraient. 
Des numéros de série, des justificatifs d'assurance, des témoignages de concierges, ou encore des photos étaient nécessaires, à une époque où des milliers de familles n'avaient plus rien.
"Il y a un véritable travail de fond à poursuivre et il est important de sensibiliser les plus jeunes. 
Nous devons donc continuer à compulser quantité de dossiers, visiter les archives, rassembler des témoignages et mobiliser des chercheurs" a déclaré, en guise de conclusion, la conférencière Pascale Bernheim qui a su captiver son auditoire réuni au musée d'Apt et composé de plus d'un amateur d'histoire et de musique.

Source La Provence
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