lundi 20 août 2018

En Pologne, 1918 symbolise l’indépendance retrouvée

 
Lundi 11 novembre 1918. Partagée depuis 1795 entre les empires russe, austro-hongrois et allemand, la Pologne retrouve son indépendance. Cent ans plus tard, ce jour symbolise pour tous les Polonais le retour de leur État dans le concert des nations. Le 11-Novembre, jour de Fête nationale institué en 1937, célébré deux fois avant la Seconde Guerre mondiale et supprimé sous le communisme, est de nouveau célébré depuis 1989.......Détails........

Sur la place Pilsudski à Varsovie, le président et les représentants du gouvernement participent aux commémorations devant la tombe du soldat inconnu.

Dans toutes les villes et dans tous les villages de Pologne, l’événement prend la forme de concerts, de défilés et de manifestations sportives.
« La plupart des Polonais ne savent pas ce qui s’est vraiment passé le 11 novembre 1918 en Pologne », souligne Pawel Grzesik, chef du département d’histoire au Musée national de Kielce, la première ville de Pologne sous occupation russe qui fut libérée par les ­Légions de Jozef Pilsudski en août 1914. « Pour eux, cette date représente avant tout la création de l’État après 123 ans de partition. »

Jozef Pilsudski au panthéon politique du pays

Rappel des faits. Le 11 novembre 1918 à Varsovie, Jozef Pilsudski, relâché trois jours plus tôt par les Allemands à Magdebourg, où il était prisonnier depuis le mois de juillet, est nommé commandant en chef des forces polonaises par le Conseil de régence et proclame l’indépendance de la Pologne.
Chargé de former un gouvernement, il reçoit, le 22 novembre, le titre de chef de l’État provisoire.
En août 1920, les troupes polonaises sous son commandement infligent une lourde défaite à l’Armée rouge lors de la bataille de Varsovie.
Associée à la mémoire de la ­Seconde République de Pologne, la figure de Jozef Pilsudski domine aujourd’hui le panthéon politique du pays et les statues du « premier maréchal de Pologne » ornent la plupart des villes du pays.
« Les Polonais adorent Pilsudski pour la seule raison qu’il a été le dernier leader de la Pologne à avoir vaincu les Russes dans une bataille », explique l’historien britannique et spécialiste de la Pologne Norman Davies.
Le militaire et chef d’État a marqué de son empreinte cette période de l’histoire polonaise.
Les Légions, une formation de volontaires organisée par lui auprès de l’armée austro-hongroise, dominent dans la mémoire de l’action polonaise pendant la guerre.
« Jozef Pilsudski reste une référence pour tous les hommes politiques polonais, parce qu’il incarne l’indépendance retrouvée, la construction de l’État polonais moderne et la lutte contre les occupations étrangères, analyse Mariusz Wolos, professeur d’histoire à l’université de Cracovie. Toute la classe politique s’en réclame, y compris le parti Droit et Justice (PiS, droite populiste, NDLR) au pouvoir. »

Modèle multiculturel contre Pologne homogène

À la veille de la guerre, en 1914, quand les trois puissances se partageant le territoire de la Pologne depuis la fin du XVIIIe siècle se retrouvent dans des camps ennemis, les Polonais sont face à un dilemme : doivent-ils s’allier à la Russie pour combattre la Prusse ou vice-versa ?
Jozef Pilsudski incarne la réponse traditionnelle qui désigne la Russie comme l’ennemi principal.
Roman Dmowski, leader du Parti national-démocrate, représente l’option inverse, celle qui voit dans l’Allemagne le danger majeur et prône la coopération avec la Russie.
Jozef Pilsudski défend, par ailleurs, un modèle multiculturel, inspiré de la vieille République des Deux-Nations (qui réunit de 1569 à 1795 la Pologne et la Lituanie) et du « concept jagellonien », une union fédérale qui engloberait la Biélorussie, la Lituanie et l’Ukraine.
À l’opposé, Roman Dmow­ski prône une Pologne ethniquement homogène devant retrouver en priorité les provinces polonaises de la Prusse, en contrepartie de concessions territoriales à l’est.
Il considère le catholicisme comme la religion nationale, un attribut essentiel de l’identité polonaise.
Antisémite, il dénonce un complot juif contre la nation polonaise et défend l’adoption d’un numerus clausus pour les juifs dans l’éducation, quand Pilsudski prône la réconciliation entre les Polonais et les juifs – qui représentent environ 10 % de la population.

La mémoire collective éclipse la Première guerre

La concurrence entre ces deux courants et leurs chefs, avant 1914 et pendant la guerre, se prolonge dans la Pologne indépendante. En dépit de leurs différences, Jozef Pilsudski intègre, en 1919, Roman Dmowski dans la délégation polonaise à la Conférence de Paris, où ce dernier présente les revendications territoriales de la Pologne.
« La Première Guerre apparaît comme le couronnement des combats pour l’indépendance de la Pologne, résume l’historien Tomasz Schramm. Pour les Polonais, cette guerre n’est “la leur” que dans la mesure où elle a mené à la reconstruction de l’État polonais. »
Cent ans plus tard, la mémoire collective polonaise, davantage marquée par l’expérience traumatisante de la Seconde Guerre mondiale, éclipse la Première. « L’enthousiasme dû à la réalisation du rêve de plusieurs générations a éclipsé les mauvais ­côtés, ajoute Tomasz Schramm.
Pour les Polonais, l’effondrement de la stabilité européenne de 1914 ne fut pas la fin de la “Belle Époque” mais l’espoir de réaliser le songe national. »
 
11 novembre 1918. Commandant en chef des forces ­polonaises et chef de l’État provisoire, Jozef Pilsudski proclame l’indépendance.
26 janvier 1919. Élection de la Diète constituante.
20 février 1919. Adoption par la Diète d’une Constitution provisoire.
28 juin 1919. Le traité de Versailles recon­naît la Pologne et lui impose une protection de ses minorités.
15 août 1920. Victoire des forces ­polonaises contre l’Armée rouge près de Varsovie.
17 mars 1921. La Diète ratifie la Constitution de mars.
18 mars 1921. Le traité de Riga met fin à la guerre contre la Russie.
12 octobre 1921. La SDN accorde 29 % de la Haute‑Silésie à la Pologne.
Source La Croix
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