mardi 10 juillet 2018

Zino Davidoff, parti en fumée sur la frontière française....


Parfois, un cigare n’est qu’un cigare, fait-on dire à Sigmund Freud. Pour Zino Davidoff, le cigare fut un sceptre de roi. Sa famille juive orthodoxe chassée par les pogroms en Ukraine s’installe d’abord à Istanbul puis boulevard des Philosophes à Genève en 1911, où la boutique paternelle rassemble vite l’importante intelligentsia russe en exil – dont Lénine, qui aurait laissé des impayés, selon la légende........Détails........



Elève moyen au Collège Calvin, le petit Zino fréquente vite l’université du monde, comme il disait – traduisez: il voyage. 
A 18 ans, le voilà en Argentine, puis au Brésil, et enfin à La Havane où il passe plusieurs années consacrées à l’apprentissage du cigare. Une découverte, un émerveillement, dira-t-il plus tard.
A son retour, le magasin familial devient l’antre mondial du barreau de chaise. Le maréchal Tito, le violoniste Isaac Stern, le cinéaste Orson Welles font partie de ses très nombreux et très célèbres clients. 
Quatre ans avant de mourir, en 1994, il délaisse le tabac de Cuba pour celui de la République dominicaine. 
Cuba ne s’en est jamais complètement remis.
Sur sa tombe de marbre noir très sobre, quelques petits cailloux laissés par les visiteurs, selon l’ancienne coutume juive, lointaine réminiscence des tumulus qui jadis permettaient de localiser des tombes sans pierre tombale. 
Au loin, l’imposant Salève déchiré par les carrières. Et à quelques mètres, une frontière. Car techniquement, la tombe de Zino Davidoff, emplacement F50, se trouve en territoire français.


Le cimetière juif de Veyrier a été créé en 1920, lorsque celui de Carouge arrivait à saturation, or la loi genevoise interdisait les cimetières confessionnels; la communauté juive de Carouge passa donc un accord avec la commune française voisine d’Etrembières. 
«C’est le seul cimetière au monde installé sur une frontière», insiste l'historien et gardien des lieux Jean Plançon, à la culture encyclopédique.
Un bon nombre des 12 000 juifs de France qui se sont réfugiés en Suisse sont passés par là pendant la Deuxième Guerre mondiale. 
L’adresse était aussi bien connue des cheminots résistants de la SNCF. Parfois, l’au-delà des cimetières résonne de vie et de libérations.

Source Le Temps
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