mardi 10 juillet 2018

Quels sont les véritables enjeux de la FoodTech pour l'agriculture et l'alimentation ?


Le développement de technologies de plus en plus "smart" favorise une agriculture plus durable pour nourrir la population mondiale et offre une alimentation de plus en plus adaptée aux besoins des individus. Par Bastien Billion, directeur conseil chez Niji. En mai dernier, dans la même semaine, 3 salons internationaux dédiés à l'Ag & FoodTech se sont tenus à Tel-Aviv, terre d'innovation et de technologie (Israël concentre 6% des investissements dans l'AgTech vs 10% en Europe et revendique plus de 500 entreprises AgTech et plus de 250 dans la FoodTech).......Détails........


L'occasion de faire le point sur l'évolution du secteur. Ce secteur de la FoodTech, depuis son émergence et son explosion fulgurante il y a de cela moins de 5 ans, n'arrête pas d'innover. 
Et pour cause, avec 7,5 milliards d'humains à nourrir, et près de 10 milliards d'ici 2050, le marché se veut colossal. 
Si la livraison, le e-commerce alimentaire ou la production de nouveaux produits ont fait figure de tendance majeure jusque-là, la durabilité s'affirme aujourd'hui comme le véritable enjeu de l'écosystème : la technologie entend désormais soutenir une agriculture et une alimentation chaque jour davantage raisonnées et soucieuses de l'environnement, pour un champ comme une assiette smart.

L'agriculture de précision ou le « Grow more with less »

En matière d'agriculture, la tendance de fond met la technologie au service d'une maximisation des rendements via un usage optimisé, si ce n'est réduit, des ressources dont elle devient chaque jour plus économe. 
A commencer par l'eau. Les systèmes d'irrigation intelligents démultiplient les informations permettant à l'agriculteur d'arroser au bon endroit, au bon moment et avec la bonne quantité. 
Netafim, entreprise israélienne spécialiste de l'arrosage depuis maintenant plus de 50 ans, vient ainsi de développer une appli envoyant en temps réel une information complète compilant les données météo (ensoleillement, variations pluviométriques, ...) et celles d'autres capteurs présents dans les champs (température, humidité, ...) permettant d'évaluer avec précision les besoins en arrosage.
En matière de pesticides, les avancées sont encore plus impressionnantes. Si leur usage simple ne saurait pour l'heure être complètement banni du fait de raisons évidentes de protection des cultures, leur usage raisonné est une étape fondamentale comme l'illustre le rôle des essaims de drones pensés notamment par Skyx, société de robotique agricole. 
Son essaim modulaire de drones autonomes permet la pulvérisation de pesticides en quantité variable, sur les points les plus chauds de l'exploitation où une éventuelle infestation aurait été repérée par un premier passage de drones. Davantage adaptés aux grandes cultures du fait de l'investissement important en infrastructures, ils peuvent toutefois être mutualisés entre les agriculteurs, et représentent par ailleurs un bénéfice substantiel tant en matière de traitement des cultures (jusqu'à 70% moins chimiques) que de dépenses d'exploitation (de l'ordre de - 50%).
A ce titre, la robotique entend d'ailleurs jouer un double rôle : abaisser ces coûts (essentiellement portés par la main d'œuvre dont la part est aujourd'hui encore considérable dans l'agriculture) et aussi limiter le gaspillage. 
Comment ? via des robots capables de prendre en charge la coupe, la pollinisation et l'effeuillage, la détection du stress, l'évaluation et la prévision du rendement... et économiser, de fait, temps humain et denrées consommables donc commercialisables.

La culture du « sans » remplit les assiettes

Sans gluten, sans sucre, sans produit laitier... qu'elle réponde à un besoin ou une mode, la tendance du « sans » s'affirme sur un marché des substituts de plus en plus important. 
A titre d'exemple, la toute première préparation pour enfants entièrement vegan (Indi), à la fois non laitière et sans soja, vient de voir le jour. Et pour cause : en croissance de 8% par an, ce marché représente aujourd'hui presque 85 milliards de dollars ! 
De la même manière, aux Etats-Unis, où l'obésité bat des records mondiaux (36%), le marché des régimes alimentaires représente une manne considérable et un terrain de jeu aussi grand pour les innovations alimentaires en tout genre. Les crèmes glacées de Shakeuplab illustrent bien le propos : 
présentée comme « la crème glacée pour tous les régimes » (alimentaires) et « qui a le même goût que la meilleure crème glacée », elle est enrichie en protéines, fibres alimentaires, vitamines et minéraux en plus d'être sans sucre ajouté et sans lait... et dédiée tant aux obèses qu'aux diabétiques, vegans, intolérants au lactose, sportifs,... Yaourt sans lait, sucre sans sucre, mais aussi huile et poudre à base de protéines d'insectes ou de pois chiche à la fois plus rentables et moins préjudiciable à l'environnement (notamment dans la possible intensivité de leur culture) représentent des alternatives non plus envisageables, mais d'ores et déjà envisagées sur de nombreux marchés où la commercialisation bat son plein. 
Si l'éducation à ces nouveaux produits semble donc avancée, la raison à la source de ces dernières innovations pourrait donc bien sauver notre environnement, à défaut de sauver nos assiettes...
Si la prise de conscience de l'apport de la technologie est donc quasi faite au sein des entreprises, une interrogation demeure aujourd'hui : « Par quoi commencer et avec qui ? ». 
Un choix qui s'avère pour le moins stratégique à l'heure où bon nombre d'acteurs interviennent sur plusieurs composants de la chaîne de valeur alimentaire, les technologies vont vite et des startups naissent et meurent tous les jours...

Source La Tribune
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