mardi 5 juin 2018

"The Cakemaker" : un premier film d'une sensibilité à fleur de peau

 
Le cinéma israélien frappe régulièrement à notre porte avec des perles. Souvent consacré au conflit israélo-palestinien, il s’en détourne dans "The Cakemaker", premier film de Ofir Raul Graizer. C'est une double histoire d’amour, entre homosexualité et hétérosexualité, sur fond de fondamentalisme religieux.......Détails et vidéo.........


Depuis "Le Secret de Bromeback Mountain" (Ang Lee, 2006), le thème de l’homosexualité, masculine ou féminine, s’invite assidûment au cinéma. La réception de "La Vie d’Adèle", de "120 Battements par minute" et la projection en compétition à Cannes cette année de "Plaire, aimer et courir vite" confirment la tendance.
Sans remettre en question le sujet, à force de tirer trop sur la corde cela pourrait lui porter préjudice en le confinant dans un "genre" au lieu de le fondre dans le paysage.
D’autant qu’un nouveau titre sort la semaine prochaine, "Désobéissance", sous l’angle féminin, et comme "The Cakemaker", toujours sous l’angle de la judaïté. Mais dans les deux cas, le sujet interroge plus la société israélienne de l’intérieur que la sexualité elle-même. Comme si cela s’avérait un prétexte.
Ce n’est pas trahir "The Cakemaker" de dévoiler que son personnage principal meurt au bout d’un quart d’heure, puisque ce décès est le moteur de l'intrigue et demeure en filigrane tout du long.
Habitant Jérusalem, Oren (Roy Miller) a une liaison avec Thomas (Tim Kalkhof), pâtissier à Berlin, où il se rend régulièrement pour affaires.
Quand il décède dans un accident, Thomas rejoint incognito Jérusalem pour rencontrer son épouse Sarah (Ana Adler) qui l’embauche dans son café où ses talents de pâtissier font fureur, tout comme son charme va opérer sur la jeune veuve…
Cette relation va naître entre Thomas et Sarah de façon très progressive, sans aucun présupposé. Tim Kalkhof fait preuve de tact dans sa mise en scène feutré et sa direction d’acteurs d’une extrême délicatesse. Dès la première scène berlinoise dans le café de Thomas, le charme opère entre ces deux hommes qui vont s’aimer, puis se perdre.
Fou d’amour, il cherche à le retrouver à travers son épouse qui vit à des milliers de kilomètres de là. Discret, invisible, il va devenir indispensable à sa petite entreprise, semblable à la sienne, et peu à peu la troubler.
Ofir Raul Graizer se révèle grand cinéaste avec ce coup d’essai, par la sobriété communicative des sentiments qu’il distille, tout en retenu.
Le charme opère dans toutes les scènes, grâce à ses deux interprètes principaux, Tim Kalkhof (Thomas) et Ana Adler (Sarah), tout en regards et non-dits, jusqu’à un final ouvert.
Mais le sujet de "The Cakemaker", au-delà des sentiments, se situe dans une société israélienne écartelée entre son ouverture vers l’extérieur et un fondamentalisme ostracisant. Le beau-frère de Sarah en est l’incarnation, en menaçant l'existence de son commerce si elle garde à son service cet Allemand qui cuisine dans un établissement kascher…
Beau, sensible et interrogatif, en mettant en parallèle deux sexualités en même temps que deux types de sociétés, "The Cookemaker" est une des meilleures surprises au cinéma de ce premier semestre, en même temps que la révélation d’un cineaste.



Source CultureBox
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