dimanche 10 juin 2018

Goutte-à-goutte : une fruiterie au Congo irriguée grâce à Rivulis (Israël)


Sobriété, précision, charisme. Tel se présente l’israélien Richard Klapholz, PDG de Rivulis-Eurodrip, un des leaders mondiaux de la micro-irrigation. Francophone, né en Belgique, cet infatigable globe-trotter de passage à Paris, toujours entre deux avions, revenait du Congo et repartait vers Singapour.....Détails.....

 
Richard Klapholz vient de signer un partenariat ambitieux avec Claude Wilfrid Etoka, président et fondateur de Eco-Oil Energie (République du Congo).
Aux termes de l’accord, Rivulis-Eurodrip va concevoir de bout en bout et installer une station fruitière de culture de mangues et d’oranges sur 700 hectares en utilisant le système de micro-irrigation de Rivulis et en important 35000 semis d’Israël. L’usine de jus de fruits sera implantée sur le site.
Les deux entreprises vont lancer ce projet à grande échelle de micro irrigation au Congo-Brazzaville, dans le département de Bouenza, à la station fruitière de l’Oudima, en cultivant les terres disponibles pour générer des sources d’approvisionnement alimentaire et une nouvelle industrie créatrice d’emplois. Au Congo, 10 millions d’hectares de terres sont cultivables, mais seulement 400000 hectares sont cultivés.
L’objectif de Eco-Oil est de mettre en culture 1 million d’hectares d’ici à 2020, mais dans un cadre de développement durable.
Pour Rivulis-Eurodrip aussi, la marge de progression est immense. Le taux de pénétration de la micro-irrigation dans le monde n’est que de 10%, il est de 90% en Israël, sous l’impulsion du gouvernement.
Comment expliquer un chiffre aussi faible, alors que cette technologie est née dans les années 60 ?
« Les investissements nécessaires sur le plan financier, matériel et en temps de formation rebutent et effraient les agriculteurs qui sont conservateurs par nature » explique Richard Klapholz. « Faire passer son exploitation à la micro-irrigation, c’est comme passer le permis de conduire, il ne faut pas lâcher tant qu’on n’a pas tout appris. Dans ce pays chaud et humide, il faut apprendre la maitrise de l’eau ».
La technologie Rivulis comprend les tuyaux en plastique qui permettent le goutte-à-goutte, bien sûr mais aussi un système informatique sophistiqué qui recueille des données satellitaires avec une résolution de 10 mètres par 10 mètres, pour indiquer combien il faut arroser, à quel moment et où. Couplée à l’application israélienne Manna, le cultivateur localise sur son smartphone les terres à irriguer.
Cette appli fournit aux producteurs du monde entier des informations exploitables pour prendre des décisions d’irrigation mieux informées et plus fiables.
Manna exploite des données satellitaires à haute résolution et fréquemment actualisées, et des informations météorologiques locales pour fournir recommandations d’irrigation spécifiques au site.
L’accord a été signé ce jeudi à la chambre de commerce et d’industrie de Paris, en marge de l’exposition et des conférences de la saison croisée France-Israël (Grand Palais, 6 – 8 juin 2018).
Eco-Oil interviendra au cours de la conférence sur le développement durable animée par Muriel Touaty. L’innovation de l’agriculture durable et la place de l’innovation pour préserver les ressources.
Claude Wilfrid Etoka est un visionnaire. Ce fervent supporter de la micro-irrigation rêve de « la rendre accessible à toute l’Afrique. Rivulis va révolutionner le secteur agricole au Congo car la micro-irrigation peut s’appliquer à toutes les cultures, grandes cultures, arbres fruitiers… ».
Ce partenariat, fruit de la volonté de deux entrepreneurs, s’inscrit dans un contexte tendu.
La population africaine va doubler d’ici à 2050 et atteindre 2 milliards de personnes, une véritable bombe à retardement pour le continent sur les plans alimentaire, sociétal et environnemental, que le réchauffement climatique et la pression sur les ressources en eau va encore aggraver.
« Le mauvais aiguillage des aides publiques à l’agriculture à l’Afrique est en cause » souligne Antoine Hervé dans l’excellent Afrique agriculture. Ibrahima Coulibaly, président de la coordination nationale des organisations paysannes du Mali (Cnop) ajoute : « l’argent reste dans les capitales au lieu d’être distribué aux paysans ».
Les bailleurs de fonds internationaux exercent peu de contrôle sur les mannes distribuées, au nom de la sacro-sainte souveraineté des Etats.
Cet accord montre que deux entreprises visant les mêmes buts, un développement durable fortement créateur d’emplois, ont plus de chances de sortir l’Afrique de l’ornière.
Eco-Oil Energie a déjà fait ses preuves en créant 1400 emplois directs pérennes au Congo, tout en respectant l’écosystème : lutte contre le braconnage, implantation de centres de vie pour les employés, plantation de palmeraie dans les savanes pour protéger les forêts, dialogue régulier avec les populations autochtones.
« Notre objectif à long terme est de réduire la dépendance alimentaire du Congo grâce au programme ECOPLUS et de permettre aux agriculteurs d’accroitre leur revenus, d’aller d’une culture de subsistance vers une agriculture durable et performante », explique Claude Wilfrid Etoka.
Il est également Président de la Commission RSE (responsabilité sociale des entreprises) du GPF (groupement du patronat de la francophonie).
Avec 15% de parts du marché mondial de la micro-irrigation, Rivulis a plusieurs concurrents, l’israélien Netafim qui possède 30% du marché, l’indien Jain qui possède 10%, l’italien Irritech 7%…
La technologie de Rivulis est née dans le kibbutz Gvat au nord d’Israël, situé près de Migdal HaEmek dans la vallée de Jezreel, il relève de la compétence du Conseil régional de Jezreel Valley.
En 2016, il comptait 888 habitants. Le kibboutz a fondé la société Plastro, fabriquant de systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte.
Source Israel Science Info
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