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dimanche 11 juin 2017

Prix CEE-ONU : le prototype Inspecto (Israël) vérifie les pesticides et les aliments « bio »



Inspecto, une start-up israélienne, vient de décrocher le prix Idea4Change (Idée pour le changement) par la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (CEE-ONU, UNECE) pour son prototype de détection des pesticides sur les aliments. Un équipement qui se veut à la fois facile d’utilisation, rapide, efficace, bon marché et portative......



Facile d’utilisation, Inspecto se veut accessible à tous. Le but : permettre aux agriculteurs, agences gouvernementales, industriels de l’agroalimentaire, grande distribution mais aussi consommateurs de vérifier le taux de pesticides, ou de leurs résidus, sur un produit alimentaire, notamment les fruits et légumes, en scannant simplement la surface du produit. Le scan est alors analysé et le résultat peut être affiché sur l’application smartphone que propose la start-up.
Inspecto annonce pouvoir estimer en quelques secondes la concentration de produits chimiques résiduels à l’échelle du ppm (parti par million, c’est à dire de l’ordre du mg/kg).
Cela est possible en utilisant une technologie basée sur les dernières avancées en spectroscopie permettant d’identifier et de quantifier une molécule via son « empreinte » sur le spectre optique issu du scan du produit.
Une fois lancée, Inspecto pense pouvoir établir une base de données suffisante pour être utilisé directement par les consommateurs d’ici une dizaine d’année.
D’abord révélé en 2016 par l’incubateur israélo-américain MassChallenge, Inspecto vient de recevoir l’un des trois prix Idea4Change qui récompense chaque année les entrepreneurs ayant mis au point des solutions innovantes participant à l’établissement d’une économie durable.

Les deux co-fondateurs d’Inspecto, Avner Avidan (Monash University) et Yair Moneta (Tel Aviv University), ont en effet mis au point un système portatif permettant d’évaluer la présence de pesticides résiduels sur les denrées alimentaires tels que les fruits et les légumes.
Le concept a séduit le jury d’Idea4Change car il permettra de faciliter la traçabilité des pesticides mais aussi des produits bio dont l’origine est parfois incertaine. Enfin, cela donnera une « arme » aux consommateurs pour mettre la pression sur les différents acteurs du monde alimentaire afin de réduire leur utilisation de pesticides.
La petite révolution annoncée par Inspecto vient surtout du marché actuel : jusqu’à récemment, ce genre d’analyse était confiné à des laboratoires équipés de machines coûteuses et complexes et dont l’analyse prenait plusieurs heures voire plusieurs jours.
La facilité et la rapidité d’utilisation d’Inspecto, auxquelles s’ajoute la possibilité de l’utiliser sur le terrain, devraient rapidement convaincre industriels comme consommateurs. Reste la fiabilité de l’analyse. Il est probable que les méthodes traditionnelles restent plus complètes et Inspecto deviendrait donc un outil de « pré-analyse » permettant de trier les produits avant d’être envoyés à une analyse plus poussée en laboratoire.
Grâce à Inspecto, lorsqu’on scanne un matériau avec une lumière donnée, celle-ci va être absorbée à sa surface et va renvoyer une partie de ce rayonnement vers l’extérieur, phénomène qui dépend directement de la composition chimique de sa surface.
La modification du rayonnement par l’objet est captée par un détecteur et se présente sous forme de spectre optique avec pour ordonnée l’intensité du rayonnement (liée à la concentration d’une molécule) et en abscisse la longueur d’onde du rayonnement (liée à la nature de la molécule). En comparant le spectre à une base de données, il est possible de déterminer quelles sont les molécules dont l’empreinte est présente dans le spectre d’émission du produit scanné, puis de déterminer leur concentration au ppm près.L’opération dépend bien sûr de l’établissement d’une banque de données et c’est pourquoi Inspecto se concentre sur un marché plus réduit dans un premier temps : analyser quelques pesticides choisis à la surface d’un produit spécifique, comme une pomme.
En effet, selon que l’on analyse une pomme, un raisin ou un poireau, le résultat n’est pas le même. Il faut donc avoir analysé un de ces produits seuls et sans pesticide pour pouvoir s’en servir comme référence.
Si la start-up israélienne séduit, elle n’est pas la première sur ce marché. Citons par exemple Scan Eat côté français, mais aussi Scio également côté israélien, ou Tellspec côté canadien.
La compétition sur les scanneurs de poche s’annonce donc déjà rude. Nous saurons d’ici quelques années laquelle de ces compagnies aura tiré son épingle du jeu.

Rédacteur : Arthur Robin, doctorant à l’Université de Tel Aviv pour BVST
Sources : UNECE Idea4share prix 2017 United Nations Economic Commission for Europe

Source Israel Science Info
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