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jeudi 16 mars 2017

Pour tout savoir sur la Paracha et sur la Haftara Para....

 
 
Le Chabbat qui précède celui qui annonce le mois de Nissan, nous lisons, en supplément de la section chabbatique, le passage relatif à la vache rousse ( Bamidbar ch.19 ver.1 à 22 ) ainsi que la Haftara qui lui est associée, c’est pourquoi ce Chabbat est appelé Chabbat Para (vache). Voici la Paracha et la Haftara traduite ainsi que des analyses des textes bibliques......
 


 
Texte en français de la Paracha Para :
 
L'Éternel parla à Moché et à Aharon en ces termes: 
“Ceci est un statut de la loi qu'a prescript  l'Eternel en disant: Avertis les enfants d'Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n'ait pas encore porté le joug.
Vous la remettrez au Pontife Eléazar; il la fera conduire hors du camp, et on l'immolera en sa présence.
Le Pontife Eléazar prendra du sang de l'animal avec le doigt et il fera, en les dirigeant vers la face de la tente d'assignation, sept aspersions de ce sang.
Alors on brûlera la vache sous ses yeux: sa peau, sa chair et son sang, on les brûlera avec sa fiente.
Le Pontife prendra du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate, qu'il jettera dans le feu où se consume la vache.
Puis ce Pontife lavera ses vêtements, baignera son corps dans l'eau, et alors il rentrera au camp; mais il restera impur jusqu'au soir.
Celui qui aura brûlé la vache nettoiera ses vêtements dans l'eau, baignera dans l'eau son corps, et restera impur jusqu'au soir.
Cependant un homme pur recueillera les cendres de la vache et les déposera hors du camp, en lieu pur, où elles resteront en dépôt, pour la communauté des enfants d'Israël, en vue de l'eau lustrale: c'est un purificatoire.
Celui qui aura recueilli les cendres de la vache lavera ses vêtements, et sera impur jusqu'au soir. Et ceci sera, pour les enfants d'Israël et pour l'étranger établi parmi eux, un statut invariable :
celui qui touchera au cadavre d'un être humain quelconque sera impur durant sept jours.
Qu'il se purifie au moyen de ces cendres, le troisième (jour) et le septième jour il sera pur; mais s'il ne s'est pas purifié le troisième et le septième jour, il ne sera point pur.
Quiconque a touché à un cadavre, au corps d'une personne morte, et ne se purifie point, souille la résidence du Seigneur, et cette existence sera retranchée d'Israël: parce que l'eau lustrale n'a pas été lancée sur lui, souillé qu'il est, il gardera sa souillure.
Voici la règle, lorsqu'il se trouve un mort dans une tente: quiconque entre dans cette tente, et tout ce qu'elle renferme, sera impur durant sept jours; et tout vase découvert, qui n'est pas entièrement clos d'un couvercle, sera impur.
Quiconque touchera, en pleine campagne, au corps d'un homme tué par le glaive ou mort naturellement, ou à un ossement humain ou à un sépulcre, sera souillé durant sept jours. 
Pour purifier l'impur, on prendra des cendres provenant de la combustion du purificatoire, auxquelles on mêlera de l'eau vive dans un vase.
Et un homme pur prendra de l'hysope, la trempera dans l'eau et aspergera la tente, ainsi que tous les vases et les personnes qui s'y trouvaient; pareillement, celui qui aurait touché à l'ossement, à l'homme tué ou mort naturellement, ou au sépulcre.
L'homme pur fera donc aspersion sur l'impur, au troisième et au septième jour; et lorsqu'il l'aura purifié le septième jour, l'autre lavera ses vêtements, se baignera dans l'eau, et sera pur le soir. 
Mais l'individu qui, devenu impur, ne se purifierait pas, celui-là sera retranché du sein de l'Assemblée, car il a souillé le sanctuaire du Seigneur: l'eau lustrale n'a pas été jetée sur lui, il reste impur.
Ce sera pour eux une règle invariable. Quant à celui qui aura fait aspersion de l'eau lustrale, il lavera ses vêtements, et celui qui touchera à l'eau lustrale sera impur jusqu'au soir. 
Tout ce que touchera l'impur sera souillé; et la personne qui le touchera sera souillée jusqu'au soir.”

Analyse de la parachar Para :
 
Seule l’eau lustrale obtenue par le mélange des cendres de la vache rousse à de l’eau vive pouvait purifier de l’impureté afin de pouvoir consommer le sacrifice pascal dans l’enceinte du Temple. Et bien que nous n’ayons plus ni Temple ni culte des sacrifices, cette lecture nous sera comptée comme si nous avions accompli cette loi.
Les commandements se divisent en trois catégories :
1/ les mitsvot « méîdot » (qui témoignent) de Celui qui les a ordonnées, telles que le Chabbat, ou le port des Téfiline placés en regard des deux organes responsables des intentions et de la volonté : on ajuste un boîtier sur le muscle de l’avant-bras gauche vis-à-vis du cœur, on enroule la lanière 7 fois autour du bras, et avant de l’enrouler autour de la main gauche, on ajuste celui de la tête, puis on termine d'attacher celui de la main.

Ces deux actions, faites simultanément, symbolisent que nous lions le sentiment à la raison.
2/ les mitsvot « sikhliyot » (conformes à la raison) ou préceptes, telles que l’interdiction de mentir, de voler, de tuer, ou le respect des droits d’autrui.
3/ les « ‘houqim » (décrets) dont la compréhension dépasse la limite de notre intelligence, tels que l’interdiction de chaâtnèz (mélange textile de lin et de laine), de kilaïm (mélange des espèces végétales) de bassar vé’halav (consommation de viande et de lait ensemble), ainsi que le statut de la loi de la para adouma (la Vache Rousse).
Cette dernière catégorie de statuts est impénétrable pour l’esprit humain et fait partie des mitsvot irrationnelles de la Torah.

Le mot ‘hoq fait allusion à l’idée de barrière, selon le Psaume de David 148/6 « ‘hoq natan vélo yaâvor » (la barrière que forme) le décret qu’Il a ordonné ne doit pas être franchie ».
Hachèm connaît les faiblesses de l’être humain, dont la plus grande est celle de se prendre pour D’.
S’il avait la faculté de tout comprendre, il en arriverait à croire qu’il est lui-même le créateur ; par ailleurs, l’histoire nous a appris que chaque fois qu’un empereur se grisait de ses victoires, il se prenait lui-même pour un D’, et ceci marquait le début de sa chute.

Un Midrach rapporte que le roi Salomon connaissait la raison et le sens de toutes les lois, mais lorsqu’il voulut comprendre le sens de l’institution de la para adouma il dut reconnaître : « tout cela, je l’ai expérimenté avec sagacité ; je disais : je voudrais me rendre maître de la sagesse ! Mais elle s’est tenue loin de moi. (Eccl.7/23) »
En lisant le passage relatif à la Para Adouma « zot ‘houqat haTorah - ceci est le statut » nous réfléchirons à l’enseignement qui s’en dégage : d’une part la petitesse de l’être humain et la grandeur de D’ , d’autre part le pouvoir donné à l’homme de modifier le statut d’un être humain en état d’impureté (qui ressemble à la mort) en un nouvel être (le faire renaître), mais qu’il doit respecter la limite qui lui est imposée afin de ne pas s’attribuer un pouvoir qui le dépasse.
Dans la Mischna (Megilla III, 4) on apprend que le passage de la vache rousse doit être lu non seulement dans l’ordre normal des sidroth, mais aussj en supplément de la sidra courante, le sabbat qui précède la néoménie de Nissan, si cette dernière tombe un samedi, et deux sabbats avant le début du mois de Nissan si ce début tombe un jour de semaine.
Le samedi caractérisé par la lecture en supplément du passage de la vache rousse est appelé sabbath para..
On comprend la nécessité de rappeler les lois de pureté peu avant Pessa’h. Tout le peuple participait obligatoirement au sacrifice pascal, or ce dernier ne pouvait être apporté et mangé qu’en état de pureté Une raison majeure seule permettait d’apporter le sacrifice pascal le 14 Iyar, « Et l’Eternel parla à Molse en Ces termes:  Parle aux enfants d’Israél:
"Si quelqu’un se trouve souillé par un cadavre ou sur une route éloignée, parmi vous ou vos descendants, et qu’il veuille faire la Paque en l’honneur de l’Eternel, c’est au deuxième mois, le quatorzième jour, vers le soir qu’ils le feront, ils la mangeront avec des azymes et des herbes amères, n’en laisseront rien pour le lendemain, et n’en briseront pas un seul os ils suivront à son égard1 tout le rite pour la Pêque. (Nombres LX, 9-12).
En dehors de Ces cas exceptionnels, tout le monde devait se purifier avant le 14 Nissan pour pouvoir fêter Pessa’h en son temps.

Pour l’homme qui, étant pur et n’ayant pas été en voyage, se serait néanmoins abstenu de faire la Pêque, cette personne sera retranchée de son peuple: puisqu’il n’a pas apporté en son temps le sacrifice du Seigneur, cet homme portera sa faute "(Nombres IX, 13).
Avec la destruction du Temple, les lois de pureté et d’impureté, à la suite du contact d’un mort, ont disparu.
Nous n’en continuons pas moins de rappeler le cérémonial de la vache rousse chaque année au sabbath para. Le maintien du sabbat para s’explique par la nécessité de ne point oublier dans l’exil les lois dont l’exécution est impossible sans Temple ou en dehors d'Erets Israel .

Comme l’exprime Raschi: " Même quand vous serez dans l’exil, distinguez-vous par les commandements... qu’ils ne vous soient point neufs quand vous retournerez "en Erets Israel ". (Raschi, Deutéronome XI, 18).
La seule façon de se distinguer par les Commandements dont l’exécution est actuellement impossible, est de les étudier.
Quels que soient les détails des diverses explications données, tout le monde est d’accord.

La vache rousse doit éveiller en nous des notions de pureté morale et religieuse. L’importance de cet enseignement aurait suffi en dehors de l’argument ci-dessus pour maintenir le sabbat para dans l’exil, d’autant plus que cet enseignement est complété par celui de la haphtarah, spéciale à ce samedi (Ezéchiel, XXXVI, 16-18).
"Et j’épancherai sur vous des eaux pures afin que vous deveniez purs de toutes vos souillures et de toutes vos abominations je vous purifierai. Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau. J’enlèverai le coeur de pierre de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai en vous mon esprit et je ferai en sorte que vous observiez mes statuts et que vous pratiquiez mes lois  (Ezéchiel XXXVI. 25-27).
 Le prophète Ezéchiel, d'origine sacerdotale, peut être considéré comme un spécialiste de la pureté, dont il fait la principale préoccupation de son message. Il n'est donc pas étonnant que nos sages aient choisi cet extrait de son livre pour compléter la lecture de la   paracha h'ouqat,  qui traite précisément de la fabrication de l'eau lustrale à  partir de la «Vache rousse».

A l'approche de la fête de   Pessah',  ces deux textes se complètent pour rappeler le devoir de purification physique et morale exigé pour la célébration correcte de cette solennité.
Si le passage de la «Vache rousse» semble viser l'impureté rituelle, en l'occurrence le contact avec un mort, la   haftara  fait état de l'impureté morale, consécutive à de graves fautes, comme le meurtre, la débauche sexuelle et l'idolâtrie. Ces deux causes d'impureté ont en réalité la même origine, le mépris et le refus de la parole divine.

Tout manquement à la morale porte atteinte à l'honneur de Dieu, autant que la transgression d'un interdit rituel. Et c'est bien l'honneur de Dieu que met en jeu Ezéchiel, à travers cette notion d'impureté.
Et puis, l'impureté consécutive   à  la mort n'est-elle pas, comme la faute morale et peut-être plus encore, ce qui peut conduire l'homme à la négation de Dieu et de sa providence?
C'est alors le texte d'Ezéchiel qui donnerait son véritable sens au rituel de l'eau lustrale. Celle-ci n'agit pas de façon magique puisqu'elle est susceptible de rendre pur ou impur; elle n'est que le signe, l'expression de la volonté d'un individu de se purifier.

C'est ce que démontre notre prophète.
En effet, ce chapitre 36 s'inscrit dans une vision panoramique de l'histoire et de la vocation d'Israël, développée dans les chapitres 16, 20 et 21. Issu d'ancêtres païens, le peuple d'Israël est comme une petite fille abandonnée dans le désert dès sa naissance et recueillie par Dieu qui coupe son cordon ombilical, la lave, la lange, la nourrit et la fait grandir dans son giron. Devenue une belle adolescente, Dieu en «tombe amoureux»
et vit avec elle une idylle merveilleuse qui aboutit sous le dais nuptial, au mont Sinaï. Mais voilà que cette épouse devient infidèle, immorale, impure comme une femme dans sa période de menstruation.
Elle est alors rejetée, exilée parmi les nations qui s'empressent de la faire souffrir et de profaner Dieu en disant qu'il l'a chassée et qu'il est incapable de la faire revenir dans son pays; le peuple d'Israël devient la risée des nations, et à travers cette raillerie, c'est l'honneur de Dieu qui est bafoué.

Pour réparer ce  h'iloul hachém, pour sauver son honneur, et non pas par le mérite d'Israël, Dieu rassemblera les exilés et les ramènera sur leur terre; il les purifiera de leurs fautes en les aspergeant d'eau pure, leur donnera un cœur nouveau et un esprit nouveau.
L'épouse repentie reviendra à son mari et l'alliance sera renouvelée pour l'éternité. «Les nations sauront alors que c'est moi, l'Eternel, quand je me sanctifierai par vous à leurs yeux» (v. 23).
 Les phrases clés sont répétées dans notre texte: «j'aspergerai sur vous des eaux pures et vous serez purifiés de toutes vos impuretés» (v.25). «Je vous donnerai un cœur nouveau et mettrai en vous un esprit nouveau» (v.26). «Je sanctifierai mon grand nom...» (v.23).
On perçoit aisément, dans ces citations la relation étroite entre le   quidouch hachém,   (la défense de l'honneur de Dieu) et la purification de l'homme. En se rendant impur par la faute, l'homme profane, souille le nom de Dieu et provoque un  h'iloul hachém.  

En se purifiant de ses fautes, c'est-à-dire, en se repentant, il «sanctifie» le nom de Dieu. Rattachons à cette analyse l'idée que la véritable délivrance ne peut provenir que d'un changement radical de comportement, symbolisé par le cœur de chair et l'esprit nouveau et nous avons la quintessence du message d'Ezéchiel.
 Quant aux deux derniers versets, rajoutés dans le rite  ashkénaze,   ils font référence à l'époque messianique où la population qui viendra à Jérusalem pour les fêtes de pèlerinage   (bémo'adéha) sera semblable à des «troupeaux humains» et la ville sainte retentira du bêlement des multitudes de moutons destinés aux sacrifices.
L'annonce de  Pessah' ne saurait être plus claire.

Texte de la Haftara:

La parole de l’Eternel me fut adressée en ces termes
"Fils de l’homme, alors que la maison d’Israël habitait dans son pays, ils l’ont souillé par leur conduite et par leurs œuvres comme la souillure de la femme impure, telle fut leur conduite devant moi. 

J’ai donc répandu mon courroux sur eux à cause du sang qu’ils ont répandu sur la terre et des idoles infâmes dont ils l’ont souillée.
Et je les ai dispersés parmi les nations, disséminés dans les pays ; selon leur conduite et selon leurs œuvres, je les ai jugés. 

Mais, arrivés chez les nations où lis devaient venir, ils ont déconsidéré mon saint nom par ce fait qu’on disait d’eux. "Ces gens sont le peuple de l’Eternel, et c’est de son pays qu’ils sont sortis !"
Alors, je me suis ému pour mon saint nom, qu’avait déconsidéré la maison d’Israël parmi les nations où ils étaient venus.
Aussi, dis à la maison d’Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n’est pas à cause de vous que j’agis, maison d’Israël, mais bien pour mon saint nom, que vous avez déconsidéré parmi les nations où vous êtes venus. 

Je sanctifierai mon grand nom qui a été outragé parmi les nations, que vous-mêmes avez outragé parmi elles, et les nations sauront que je suis l’Eternel, dit le Seigneur Dieu, quand je me sanctifierai par vous à leurs yeux. 
Et je vous retirerai d’entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays et vous ramènerai sur votre sol. 
Et j’épancherai sur vous des eaux pures afin que vous deveniez purs ; de toutes vos souillures et de toutes vos abominations, je vous purifierai. 
Je vous donnerai un cœur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau ; j’enlèverai le cœur de pierre de votre sein et je vous donnerai un cœur de chair. 27 Je mettrai en vous mon esprit et je ferai en sorte que vous suiviez mes statuts et que vous observiez et pratiquiez mes lois. 
Vous demeurerez dans le pays que j’ai donné à vos pères, vous serez pour moi un peuple, et moi, je serai pour vous un Dieu. 
Je vous libérerai de toutes vos souillures ; puis je commanderai au blé et le ferai croître en abondance, et je ne vous infligerai plus de famine. 
Je multiplierai le fruit des arbres et la production des champs, pour que vous ne subissiez plus, parmi les nations, l’humiliation de la faim. 
Alors, vous vous souviendrez de vos voies perverses et de vos œuvres peu louables, et vous aurez le dégoût de vous-mêmes, à cause de vos péchés et de vos abominations. 
Ce n’est pas pour vous que j’agis, dit le Seigneur Dieu, sachez-le ! Ayez honte et confusion de vos voies, maison d’Israël."
Ainsi parle le Seigneur Dieu : "Le jour où je vous aurai purifiés de tous vos péchés, je repeuplerai les villes, et les ruines seront rebâties.
Et ce sol dévasté sera cultivé, au lieu d’offrir l’image de la désolation aux yeux de tout passant. 

Et l’on dira : Voyez-vous, cette terre dévastée est devenue comme le jardin d’Eden, et ces villes ruinées, dépeuplées, écroulées, les voilà fortifiées et habitées ! 
Elles sauront alors, les nations, qui sont restées autour de vous, que c’est moi, l’Eternel, qui ai rebâti les décombres, replanté le sol dévasté, moi, l’Eternel, qui l’avais annoncé et qui l’aurai accompli."
 Ainsi parle le Seigneur Dieu : "Un jour, voici la demande que J’accueillerai de la part de la maison d’Israël, ce que je ferai pour eux : je multiplierai leur population comme le bétail.
Comme le bétail des sacrifices, comme le bétail de Jérusalem, en ses jours de fête, ainsi ces villes ruinées regorgeront de bétail humain, et l’on reconnaîtra que je suis l’Eternel."

Analyse 1 :

Purification avant la fête de Pessa’h, tel est le thème de celle Haphtara. En effet, Pessa’h invite à purifier nos maisons de toule trace de levain, mais le levain que nous portons dans nos coeurs, mal et perversité, doit lui aussi en être extirpé. El c’est dans ce sens que nous pouvons comprendre le fait que celle Haphtara soit lue avant la cérémonie de Nissan.
Ezéchiel, prophèle de l’exil, nous enseigne que, même dans les conditions d’existence les plus difficiles, il est possible à l’homme de s’élever spirituellement, celle possibilité étant offerte à Israèl malgré les souffrances que D... lui a fait connaître.
Ezéchiel veut également souligner que c’est parmi les nations qu’Israèl, peuple de prêtres dis­persés, a trahi sa vocation sacerdotale. Il n’a pas su mettre à l’honneur la bannière dont il était le porteur.
Il en est alors résulté que le Nom sacré de D... a été profané du fait que les nations étaient amenées à dire « Ces gens sont le peuple de l’Eternel et c’est de son pays qu’ils sont sortis » (v. 20). Par là même, Israèl ne cesse d’être jugé. Il lui appartient donc de ne pas donner prise à la critique.
Malgré ses défauts, il trouvera compassion aux yeux de D..., et les prophéties bibliques finiront par se réaliser, Ezéchiel nous en donne l’assurance: Retour sur la terre ancestrale, retour d’Israél vers D..., ce sont les conditions grâce auxquelles D... retrouvera sa considération aux yeux des nations (v. 36). Pour y parvenir, il faudra un véritable changement de mentalité, de caractère, et c’est dans ce sens que doit être compris le verset 36:
«Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai le coeur de pierre de voire sein et je vous donnerai un coeur de chair ».
«Fils de l’homme » est une expression qui revient souvent chez Ezéchiel. Car ce prophète, qui a dirigé nos regards vers un avenir meilleur que celui que connurent ses contemporains après la destruction du Temple, a considéré le rôle de l’homme comme essentiel pour participer au plan divin.
Etre un homme, un Adam (voir Genèse 1,26) c’est accepter de prendre pari à l’oeuvre de D..., en consacrant sa vie à répandre la parole divine, pour qu’elle soit un jour admise comme seule vérité par tous les hommes, selon l’expression de la prière finale de Alénou.
C’est celle idée consolatrice que nous livre également Ezéchiel: « Comme le bétail des sacrifices, comme le bétail de Jérusalem en ses jours de fêles, ainsi ces villes ruinées regorgeront de bétail humain, et l’on reconnaîtra que je suis l’Eternel » (v. 38).

Analyse 2 :

La haftara qui a été associée à la parachath Para (Ezéchiel 36, 16 et suivants) annonce le processus de purification qui sera restauré lorsque viendra le Messie. Le prophète promet que Hachem « répandra alors des eaux pures [sur les enfants d'Israël], et qu'Il les purifiera de toutes leurs impuretés et de toutes leurs idoles » (36, 25).
On remarquera que la purification, selon ce verset, ne sera pas effectuée au moyen d'une immersion dans les eaux d'un miqwé , comme il aurait été naturel, mais au moyen d'une aspersion qui ressemblera à celle que l'on doit employer avec l'eau lustrale contenant les cendres de la vache rousse.
Cette analogie suggère un lien étroit entre le péché et la mort : Le processus de purification des péchés sera semblable à celui par lequel est rétablie la pureté de celui qui a eu un contact avec un mort.
Ainsi que l'explique Rachi ( Bamidbar  19, 22), la vache rousse est destinée à réparer la faute du veau d'or. Or, nous apprend la Guemara ( Avoda zara  5a), lorsque les enfants d'Israël ont reçu la Tora , celle-ci leur a conféré l'immortalité.
C'est la faute du veau d'or qui les en a déchus.
Selon le Séfèr ha-hinoukh ( Mitswa  263), on peut expliquer l'impureté du cadavre humain de la façon suivante : La mort consiste en ce que l'âme se détache du corps, de sorte que celui-ci se trouve désormais privé de toute spiritualité. Entrer en contact avec un mort crée un dommage à la spiritualité de celui qui le touche.
L'impureté qui en résulte est là pour nous rappeler que notre corps est destiné à s'unir à l'âme et qu'il doit tendre alors à refuser les tentations terrestres.
De la même façon, lors de l'épisode du veau d'or, les enfants d'Israël ont troqué leur relation intime avec Hachem contre un matérialisme avilissant.

Cependant, leur brève expérience du mont Sinaï leur a fait prendre conscience qu'il est possible de se libérer de ses pulsions matérielles et tendre à un contact avec Lui .
On comprendra maintenant la comparaison d'Ezéchiel entre la purification des péchés et les cendres de la vache rousse.

Le prophète nous annonce : « Je vous donnerai un coeur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et J'ôterai de votre chair le coeur de pierre, et Je vous donnerai un coeur de chair » (36, 26).
Ce verset traduit, nous explique Ramban (Nahmanide), le désir de notre peuple d'accomplir la volonté de Hachem . Un jour viendra où le corps et ses pulsions retrouveront leur véritable place : leur effacement au profit de la perfection qu'a connue Adam avant sa faute. C'est alors qu'ils se détacheront complètement des passions physiques.


Source Massorti et Netiv David et Chiourim et Koide9enisrael
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