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jeudi 9 mars 2017

La Suisse veut se souvenir de la Shoah



Depuis mardi, la Suisse préside l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Une nouvelle qui n’a pas fait beaucoup de bruit alors que le sujet est pourtant sensible et que notre pays s’est porté volontaire pour le poste. La présidence n’est en effet pas attribuée selon un tournus entre les 31 États membres de cette organisation, il faut la demander.....



La Suisse fait partie depuis 2004 de cette alliance fondée en 1998 sur une initiative suédoise et qui compte dans ses rangs la majorité des pays européens ainsi que les États-Unis, le Canada, l’Argentine et Israël.
Son role ? Promouvoir la recherche historique et l’éducation sur l’Holocauste afin de perpétuer la mémoire des victimes de la folie nazie.

Utiliser les réseaux sociaux

Pourquoi la Suisse, dont les rapports avec son passé durant la Seconde Guerre mondiale sont compliqués, a-t-elle voulu cette présidence? «Parce qu’elle s’est toujours engagée pour la défense des droits de l’homme et des minorités, répond Benno Bättig qui va occuper ce poste pour un an.
Et c’est d’autant plus important de le faire alors que les actes racistes et antisémites se multiplient dans le monde.» Pour éviter que l’histoire ne se répète, il faut déjà ne pas l’oublier.
Notamment chez les nouvelles générations. C’est pour cela que la présidence suisse va mettre l’accent sur l’enseignement et la formation. «Nous faisons déjà beaucoup, explique celui qui est aussi secrétaire général du DFAE.
Depuis plusieurs années, des étudiants suisses visitent l’ancien camp d’Auschwitz, pour la préservation duquel la Suisse a versé 1 million d’euros. Mais il faut savoir parler leur langue et nous allons étudier comment utiliser les réseaux sociaux pour nous adresser à eux.»
Parmi les projets, une application destinée aux jeunes leur présentera quatre destins individuels de rescapés des camps. Mais, élaborée par la HEP de Lucerne avec des partenaires autrichiens et allemands, elle ne sera dans un premier temps qu’en allemand.
«Si c’est un succès et que nous trouvons le budget, nous la traduirons en d’autres langues.» N’est-ce pas le risque de toute cette opération: d’être trop confidentielle? L’historien Hans Ulrich Jost se montre pessimiste: «Pour moi, c’est une démarche qui vise surtout à améliorer l’image de la Suisse à l’étranger.
Chez nous, on ne veut pas une histoire critique, mais des mythes. Tous les deux ou trois ans, la question de l’enseignement de l’Holocauste revient, mais sans réelle évolution, c’est trop sensible.»

Incarner l’histoire

«On ne peut pas toucher tout le monde, reconnaît Benno Bättig. Mais, outre des conférences aux HEP de Berne et Lausanne, il y aura aussi une exposition à travers tout le pays de portraits de survivants suisses de l’Holocauste.» Car, pour lui, l’expérience l’a montré, la rencontre d’élèves avec des rescapés reste la meilleure arme contre le négationnisme.
Expliquer l’histoire à travers des cas concrets, des destins, Claire Luchetta le fait en emmenant des classes sur la frontière genevoise pour leur montrer où des réfugiés sont passés ou se sont fait refouler. «Pour beaucoup de victimes, Auschwitz a commencé là.
C’est important de le rappeler et on peut le faire grâce à des profs motivés. Je ne connais pas en détail le programme suisse de l’IHRA, mais insister sur l’enseignement et la façon de s’adresser aux jeunes est capital.
Et même si cela ne touche qu’une seule personne, cela en vaut la peine.»

Source Le Matin
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