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mercredi 22 mars 2017

Il y a 70 ans, l'incroyable découverte des manuscrits de la mer Morte

 
 
Khalil Iskandar Sahîn, surnommé Kando, se frotte les mains. Ce cordonnier de Bethléem, amateur d'antiquités, est sûr, en cette journée de printemps 1947, d'avoir fait une bonne affai­re. Il vient d'acheter pour cinq petits dollars des manuscrits en peau qu'un Bé­douin de la tribu des Ta'amireh aurait trouvés dans une grotte du Khirbet Qum­ran, près de la mer Morte. Seule l'histoire que lui a contée le Bédouin lui paraît un peu romancée.....Détails........



Mohammad edh-Dhi'b, ou Mohammad le Loup, un autre Bédouin de sa tribu, aurait perdu une de ses chèvres en faisant paître son troupeau dans les maigres prairies qui entourent le Qumran.
L'ayant cherchée en vain à flanc de falaise, il se serait alors assis et aurait découvert l'entrée d'une grotte.....au fond de laquelle il aurait jeté une pierre. Intrigué par un bruit de pot cassé, il serait revenu le lendemain pour l'explorer avec un cousin muni d'une corde.
Dans la caverne exiguë, il aurait alors découvert huit jarres et les restes éparpillés de nombreuses autres.
Et dans l'une d'elles : trois rouleaux de cuir écrits à la main. Ce sont ces rouleaux, et une multitude d'autres fragments, que Kando vient d'acheter, certain qu'ils sont vieux de plusieurs siècles.

Une écriture mystérieuse, indéchiffrable

Leur écriture est mystérieu­se. Aucun des antiquaires de Bethléem auprès desquels il cherche conseil ne sait la déchiffrer.
L'un d'eux, pourtant, finit par téléphoner, le 23 novembre 1947, à un ami archéologue, Eleazar Sukenik, professeur à ­l'université hébraïque de Jérusalem. Le pays est alors sur le point d'être divisé en deux Etats, juif et arabe, par l'Organisation des Nations unies.
C'est donc à travers les barbelés qui séparent Jérusalem en deux qu'il lui présente quelques fragments acquis par Kando. L'archéologue demande à voir d'autres pièces.
Un bus arabe le mène le matin du 29 novembre à Bethléem, où il rencontre Kando, qui lui confie les trois rouleaux et les fragments pour les expertiser... tandis que la radio annonce la partition de la Palestine et la création de l'Etat juif.
Dès le lendemain, Eleazar Sukenik se presse de tout acheter.
Et pour cause : ces manuscrits sont des textes bibliques vieux de près de deux mille ans !
Par la suite, les archéologues retourneront sur les lieux de la découverte. Une collection de rouleaux et de fragments sera ainsi rassemblée, demandant des années de travail aux épigraphistes pour les décrypter.
Les rouleaux poseront aussi un défi scientifique pour les lire sans les détruire. On fera notamment appel aux infrarouges pour révéler les contrastes des caractères et à la spectrométrie pour faire ressortir l'encre ancienne.
Écrits en plusieurs langues (hébreu, grec, araméen...) et à différentes époques, les manuscrits de la mer Morte précèdent d'un millénaire les plus anciens manuscrits hébreux alors connus, et livrent un nouveau regard sur l'Ancien Testament. Une manne pour les théologiens !
Ils remontent ainsi aux origines des trois grandes religions monotheists.
A l'époque de celui-ci, le site était habité par une secte juive d'ascètes vivant hors de la compagnie des femmes : les Esséniens, persécutés par les Romains. Sans doute ont-ils caché en vitesse ces écrits avant de fuir.
Aujourd'hui encore, le trésor contenu dans ces jarres continue d'enrichir les connaissances scientifiques.
De nouvelles fouilles ont d'ailleurs été organisées sur place en 2016 !
Source Science et Vie
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