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dimanche 5 février 2017

Des Arabes israéliennes ambitieuses rêvent de se réaliser à Tel Aviv


 
A Tel Aviv, les jeunes femmes arabes doivent faire face à de nombreux défis au début de leurs carrières professionnelles. Elles sont souvent considérées comme des "exilées" qui sont allées bâtir une carrière ailleurs, et cueillir des opportunités qui n’existent pas dans leurs villes natales.....
 



Voici le témoignage de trois femmes arabes, qui luttent quotidiennement pour survivre et se réaliser à Tel Aviv, la grande ville israélienne, où les traditions arabes conservatrices ont du mal à s’adapter.
Sur Arutz 10 avec le hijab
Ikram Hadjirat, journaliste pour la chaîne israélienne Arutz 10, vit avec sa sœur dans un appartement qu'elle loue à Jaffa depuis deux ans et demi, afin ne pas s’infliger quotidiennement le fardeau des transports.
La jeune journaliste a expliqué à i24NEWS que sa famille a accepté qu'elle dorme en dehors du foyer avec sa sœur pendant la période de ses études. Mais une fois embauchée par Arutz 10, elle a dû rester à Tel Aviv.
Sa famille a finalement accepté qu'elle continue de vivre en dehors du foyer, à la condition qu’elle vive avec sa sœur.

Obstacles

Ikram ne considère pas que porter le hijab puisse être un frein à son évolution au sein d'Arutz 10. "Je vis à Jaffa à côté de femmes qui portent le hijab comme moi, mais il est vrai que j'ai été victime de harcèlements, indirectement et directement, en raison de la situation sécuritaire tendue ces derniers temps", explique-t-elle.
Selon Ikram , "il est difficile pour la société israélienne d'accepter une fille qui porte un hijab. Certains pensent qu’on a des positions obscurantistes. C'est quelque chose que je vis directement dès lors que je me trouve dans un espace public juif.
L'inconfort de cette situation peut parfois pousser une jeune fille à se mettre en retrait et à diminuer ses chances de réussir dans un endroit où, pourtant, elle se sent à l'aise.
Cela peut même pousser certaines, parfois, à revenir dans leur ville natale. Mais j'ai choisi de continuer ici, même si mes opinions sont différentes des leurs. Le fait qu'ils me voient comme une extrémiste ne m’inquiète pas : c'est le fait de me catégoriser qui est une forme d’extrémisme".
"Certaines filles reculent devant l'opposition de la société israélienne au hijab, d'autres prennent goût à la liberté que la ville leur offre et décident même de retirer le hijab pour profiter au mieux de cette nouvelle vie", explique-t-elle.
Ikram ne considère pas que la vie dans une grande ville comme Tel Aviv puise être, pour elle, un obstacle à un mariage.
"Je pense que le destin n'est pas déterminé par le lieu où on habite, son logement, son travail, ou même par son âge.
Le destin arrive de lui-même". Elle aspire à faire entendre la voix des femmes arabes, et espère que les médias israéliens proposeront dans un futur proche une couverture plus importante de la société arabe.

Mauvaises habitudes

Luna Mansour, une jeune femme séduisante originaire de la ville d'Acco, vit à Tel Aviv depuis trois ans.
Elle est devenue une habituée des podiums du milieu de la mode, après avoir étudié les littératures arabe et anglaise à l'université de Tel-Aviv. En 2011, elle a remporté un concours de beauté organisé au sein de la communauté arabe israélienne.
Elle aspire désormais à devenir une vraie actrice de cinéma, après avoir obtenu un petit rôle dans un film hollywoodien.
Les parents de Luna ne cessent de la pousser pour qu'elle continue de vivre, de façon indépendante, à Tel Aviv, à la recherche d'opportunités qui n'existent pas dans sa ville d'Acco.
Les nombreuses tentations de Tel Aviv n'impressionnent pas Luna, elle qui a grandi dans une ville où les gens sont plutôt ouverts et où elle a des amis des deux sexes.
Si elle aime sortir le soir avec ses amis, pas question de se laisser aller. "Une femme ivre ou droguée n'a aucun contrôle sur elle-même, et le chemin vers la chute est très court", soutient-elle à i24NEWS.

Homosexualité

Luna fait une distinction entre"manque de moralité" avec "mauvaises habitudes", et n'encourage pas les filles au caractère moins trempé que le sien à venir à Tel Aviv.
Pour elle, il vaut mieux que ces filles restent chez leurs parents, car elles ne résisteront pas aux tentations qui les y attendent, en plus du lavage de cerveau qu'elles subiront.
Luna se souvient de situations embarrassantes qu'elle a vécues, notamment les avances des filles lesbiennes, bien qu'elle n'ait aucun ressentiment contre la communauté LGBT.
Mais ce genre d'épisode l'a rendue mal à l'aise. "Beaucoup de filles se laissent tenter par des expériences de ce genre, par curiosité, en se disant qu'elles n'ont rien à perdre".

Rumeurs et critiques

Lama Adnan, 25 ans, est conseillère académique à l'université de Tel-Aviv, où elle suit des études en parallèle.
Lama a grandi dans un environnement ouvert, et entretient une forte relation avec ses parents, pour qui elle dit vouloir réussir. "Pour moi, la liberté est un culte, et sa source sont mon humanité et ma féminité. Je suis née libre et je mourrai libre.
A Tel Aviv, j'ai saisi une opportunité professionnelle que je n'aurais pas trouvée à Sakhnin, dans le nord d'Israël", souligne-t-elle.
Cependant, la vie urbaine suscite de nombreuses critiques qui s'ajoutent à des rumeurs de la part de certains, au sein de la communauté arabe, qui jettent le doute sur le comportement de ces jeunes femmes.
Lama raconte en avoir beaucoup souffert depuis qu'elle vit à Tel Aviv, en dépit du soutien de ses parents.
"J'ai entendu beaucoup de critiques qui visaient à limiter ma liberté. Il y a beaucoup de filles qui sont confrontées à des rumeurs dévastatrices qui jettent sur elles des soupçons insupportables", confie-t-elle.
Pour Lama, "il est douloureux d'entendre des telles choses de la part de personnes qui se disent préoccupées par mon honneur".
Je leur dis: "allez au diable! Je suis une fille ambitieuse qui est allée vivre dans 'la grande ville' à 18 ans pour travailler.
J'ai reçu mon diplôme avec les félicitations du jury, je vais bientôt finir mes études, et aujourd'hui, je suis conseillère académique. Alors de quel secret ils parlent exactement".

Craintes

Lama explique que, bien souvent, une jeune fille arabe craint de dire qu'elle entretient une relation amoureuse, de peur que sa communauté l'accuse de s'être déshonorée.
"Même ma mère m'a récemment demandé si un homme que je venais de fréquenter savait que je vivais à Tel Aviv. Et je lui ai répondu : il faut être fidèle à ce qu'on est. Celui qui ne m'accepte pas comme je suis, c'est son problème, pas le mien".
Et Lama d'ajouter: "mon père dit toujours qu'une fille et un garçon doivent recevoir les mêmes égards. J'ai grandi avec cette idée. Il y a deux semaines, j'ai rencontré la famille de mon petit ami. Puis nous avons rompu, et j'ai dit à mes parents qu'il n'était pas bien pour moi".
Lama ne compte pas se marier avec un jeune homme de son village. "Ce sera moi qui choisira le bon, au bon moment. Et même si je ne trouve pas, ça ne sera dramatique".

Heba Zoabi est journaliste pour le site arabe d'i24NEWS
 
Source I24News
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