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mercredi 7 décembre 2016

Les premiers militants du BDS interdits en Israël



"Depuis 1948, nous avons reconnu l'Etat d'Israël", a déclaré mardi le docteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises, un jour après que le secrétaire général adjoint de l'organisation a été expulsé par les autorités israéliennes pour des liens présumés avec le mouvement de boycott de sanctions et de désinvestissement (BDS).....








Lundi après-midi, le secrétaire général associé du COE, le professeur Isabel Apawo Phiri, a été interrogé par des responsables du ministère des Affaires stratégiques après avoir tenté d'obtenir un visa de touriste lors du contrôle des passeports.
Bien que le ministère de l'Intérieur ait déjà le pouvoir de refuser l'entrée à des individus, l'initiative a été saluée dans les médias israéliens comme la première expulsion officielle d'un membre du mouvement BDS.
"L'octroi d'un permis d'entrée à des activistes comme Phiri renforcerait les activités illicites et je n'ai aucune intention de prêter main forte à cela", a déclaré le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri dans un communiqué. "Je disposerai de toute mon autorité pour éviter du désagrément à Israël", a-t-il ajouté.
La campagne BDS est une coalition d'organisations inspirées par le mouvement anti-apartheid qui prétend utiliser des moyens pacifistes pour promouvoir la lutte palestinienne pour son indépendance et encourager la pression économique et politique internationale contre Israël sous l'égide du droit international.
Les militants boycottent les produits israéliens, organisent des manifestations publiques, et tentent de convaincre l'ensemble du monde artistique de ne pas se produire en Israël.
Les partisans d'Israël soutiennent que le mouvement du BDS est antisémite car il refuse à Israël le droit à l'autodéfense et met seulement en cause l'Etat hébreu à l'origine du conflit. D'autres ont fait valoir que le mouvement du BDS cible injustement les événements, les services et les produits qui intéressent les Juifs, et peut souvent aboutir à des manifestations d'intimidation dans lesquelles les Juifs sont physiquement attaqués.
Dans une déclaration mardi, le COE a qualifié l'action de "sans précédent" et a déclaré que le motif donné à leur organisation pour justifier l'expulsion du Dr Phiri était "une prévention contre l'immigration illégale".
La déclaration note également que le Dr Phiri, originaire du Malawi, était la seule membre de la délégation du COE à être désignée et expulsée, alors que les quatre autres membres ont été autorisés à entrer en Israël.
Le détail qui semble avoir attiré l'attention des autorités israéliennes est le Programme œcuménique d'accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI), un programme géré par le COE.
L'EAPPI a été lancé à la demande des églises de Jérusalem et déclare que sa mission est de "témoigner de la vie sous l'occupation, d'engager avec les Palestiniens et les Israéliens une paix juste, et de changer la participation de la communauté internationale dans le conflit contre l'injustice dans la région."
Se référant au Conseil oecuménique des Eglises comme étant anti-Israël ou partisans du mouvement du BDS le Dr Tveit affirme qu'ils ont "complètement tort".
"Depuis 1948, nous reconnaissons l'Etat d'Israël et avons publié dès le début une déclaration très forte sur l'antisémitisme comme un péché", a déclaré le Dr Tveit à I24NEWS. "L'accusation selon laquelle nous faisons partie du mouvement du BDS ou que nous envoyons des gens pour être des militants qui participent à des manifestations ou à des actions non pacifiques est absolument erronée."
"Nous facilitons la venue des ecclésiastiques du monde entier pour les accompagner dans les églises afin qu'ils rencontrent les acteurs locaux pour la paix dans leur lutte quotidienne dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem, mais nous ne participons pas aux actions du BDS", a-t-elle poursuivi. "Nous sommes très surpris que ce genre d'accusations soient utilisées à la fois contre le COE mais aussi contre ce programme en particulier".
Selon le site Internet de l'EAPPI, ce programme a permis d'amener plus de 1.500 volontaires internationaux dans les Territoires et à Jérusalem depuis 2012.
"Une autre politique du COE consiste également à reconnaitre la base des droits de l'homme du point de vue du droit international comme état également la base des relations entre les peuples et entre les nations", explique le Dr Tveit. "Et sur cette base, nous estimons que le conflit israélo-palestinien repose en fait sur le droit international et sur les droits de l'homme pour tous".
Il poursuit en expliquant que les objectifs du programme consistent à améliorer les relations entre les différentes parties de la population, de rassembler les différentes religions et de trouver une base réciproque pour la paix. Mais ils veulent aussi montrer au peuple palestinien que les gens dans le monde sont solidaires avec eux.
"Nous ne sommes pas des politiques. Notre objectif est de fournir les détails d'une solution politique", a-t-il dit, tout en notant que le COE représente une confrérie de 350 églises dans le monde, qui travaille également avec un certain nombre d'organisations juives israéliennes et internationales.
"Nous devons nous placer dans la peau de l'autre", ajoute le Dr Tveit.
Michael Dickson, directeur exécutif de l'organisation non gouvernementale pro-israélienne d'éducation et de défense "StandWithUs", donne un aperçu des raisons possibles du choix du gouvernement pour expulser le Dr Phiri.
"Visiter Israël n'est pas un droit, c'est un privilège", a déclaré M. Dickson à I24NEWS.
"Le BDS est un mouvement extrémiste qui se cache derrière des actes antisémites et violents dans le monde entier. Comme tout pays souverain, Israël a le droit de ne pas admettre les extrémistes".
Interrogé sur la déclaration du COE selon laquelle il ne soutient pas le mouvement, Dickson se réfère aux données du site ngo-monitor.org basé à Jérusalem, qui, selon lui, a été fondé avec comme objectifs de produire et de diffuser des analyses et des informations sur les activités locales et internationales de l’ONG, pour le bénéfice des décideurs gouvernementaux, des journalistes, des organisations philanthropiques et du grand public.
Le travail de l'ONG Monitor a pour objectif de documenter et de faire connaître les "distorsions des droits de l'homme et du droit international dans le contexte du conflit israélo-arabe, les doubles standards, et les campagnes biaisées ainsi que de fournir des informations et un contexte sur ces questions et activités afin d'encourager un débat public éclairé".
Selon l'ONG Monitor, "l'EAPPI ne présente qu'un seul côté, le discours palestinien unilatéral diffusé sur son site Web, dans ses publications et par ses propres militants." L'organisation promeut en outre le "droit au retour" palestinien et accuse Israël d’"apartheid" et de crimes de guerre. Ils documentent seulement des infractions présumées israéliennes et ignorent systématiquement la terreur palestinienne.
L'ONG Monitor cite en outre "Faith under Occupation", un document publié conjointement par l'EAPPI, le COE et le Centre Inter-Églises de Jérusalem.
Selon le Monitor, le document comprend une liste de "50 manières d'agir pour la paix et la justice", qui inclut le fait de "Renforcer les réseaux de travail sur les sanctions et la suspension de l'aide américaine à Israël", "Défier Israël dans les tribunaux locaux et internationaux" et "Rejoindre les campagnes de boycott économique... ou lancer une campagne de boycott culturel et universitaire."
"Le COE aimerait avoir sa part de gâteau BDS et le manger, mais le fait est qu'ils soutiennent une plate-forme extrémiste", indique M. Dickson.
"Si le COE souhaite être un acteur constructif, il devrait reconsidérer son soutien parce que le BDS - avec sa politique qui encourage les terroristes - est anti-paix."


Source I24News


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