vendredi 30 mai 2014

Les Israéliens, de plus en plus diplômés


Le paysage universitaire israélien tient une place unique : il s’agit du seul pays occidental où ses étudiants débutent sur les bancs universitaires à partir de 25 ans en moyenne, conscription militaire oblige. A cela, s’ajoutent des tests psychométriques qui permettent l’admission du candidat à l’université. Le système éducatif israélien offre une panoplie de 70 établissements, du primaire aux études supérieures. Mais ce sont sept universités qui décrochent la palme du haut niveau...



D’abord pour leurs qualités exceptionnelles, mais aussi à cause de leur renommée internationale : l’université de Haïfa, de Bar-Ilan, l’Institut Weizmann et l’université Ben Gourion du Néguev sont parmi les seules à proposer un doctorat. Aux côtés, bien sûr, du Technion (Institut technologique d’Israël), de l’Université de Tel-Aviv et de l’Université hébraïque de Jérusalem, qui sont, elles, en compétition permanente avec les institutions les plus prestigieuses de la planète.
 Et pour cause : 30 % des PDG des grandes entreprises israéliennes, la quasi-totalité des archéologues et les plus grosses têtes scientifiques sont diplômés de l’université de Tel-Aviv ou du Technion.
En Asie, le classement Webometrics qui évalue la pertinence des universités sur la toile, situe 6 des universités israéliennes dans les 100 meilleures écoles d’Asie. Et le Centre pour le classement universitaire mondial (Center for World University Rankings) note Tel-Aviv comme la 56e meilleure université du monde.
 Des données qui placent Israël à équivalence avec ses partenaires occidentaux.
 Néanmoins, sans grande surprise, tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière. Les femmes restent ainsi en retrait des filières scientifiques et industrielles, secteurs qui offrent pourtant le plus de débouchés. Un déséquilibre qui contribue à expliquer les inégalités hommes-femmes sur le marché du travail israélien, notamment en termes de salaire.

Esprit de compétition


La panoplie du système éducatif de l’Etat hébreu s’est profondément modifiée ces trois dernières années. Les candidats qui postulent en Master II sont de plus en plus nombreux. Une nécessité s’ils veulent parvenir facilement dans les sphères de haut niveau car, sporadiquement, trois années d’études (Master I) ne suffisent plus pour accéder à un emploi stable.
Le professeur Oren Kaplan, chercheur et directeur de l’Administration des Affaires, explique : « Si, par le passé, beaucoup d’étudiants se contentaient d’un bac + 3 avec une embauche à la clé, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les diplômés se sont rendu compte au cours de leur parcours professionnel qu’il était nécessaire d’apprendre davantage. Ils retournent ainsi sur les bancs de l’université pour obtenir un Master II parfois à l’âge de 40 ans. »
 The Marker, le quotidien économique de Haaretz, a attribué cette hausse au Comité de planification et de budgétisation du Conseil de l’enseignement supérieur qui vise la course à l’international.
Car le regard des jeunes israéliens sur leur cursus est en train de rejoindre celui de ses voisins européens. Bruxelles s’est ainsi fixé l’objectif de 40 % de diplômés supérieurs sur le Vieux Continent. En France, 35,8 % des 30 à 34 ans ont une formation supérieure dans la poche, d’après le ministère de l’Education nationale français. Mais en dépit d’une nette progression de ce pourcentage européen, seuls douze pays ont atteint les 40 %. Les disparités les plus criantes se situent au sein du clivage Nord-Sud : ainsi l’Italie et la Roumanie, dépassent à peine la barre des 20 % tandis que le Luxembourg a décroché la première place du podium en 2012 avec 49,6 %.
Avec 45 % de diplômés universitaires, Israël leur tient donc la dragée haute. Et se distingue surtout dans un domaine qui lui est cher : celui du high-tech. L’attractivité pour les nouvelles technologies permet de combler le manque en ressources naturelles qui fait défaut à Israël.
 En première ligne de cette nouvelle richesse : les jeunes. Ils sont réputés pour être des génies de l’informatique et parviennent à bouleverser le monde de l’invention grâce au phénomène start-up. Chaque année, de nouvelles start-up sont fondées en Israël (deuxième pays le plus côté en NASDAQ) essentiellement par des jeunes entrepreneurs, dépassant de loin le nombre européen.

Plus cher qu’à l’étranger ?

Mais les Ecoles de commerce aussi battent leur plein : « En 2011, 14,5 % des étudiants en cycle supérieur s’orientaient vers ce type de formation, sachant que le coût varie entre 15 000 et 30 000 shekels (3 000/6 000 euros) par an », assure Jacob Bergman, expert en finances et professeur à l’Ecole de commerce de l’Université hébraïque de Jérusalem.
Quant au choix de l’établissement, le duel s’est imposé dans le débat public. Les étudiants hésitent entre une université ou un institut supérieur (Michlala), ce dernier offrant plus de flexibilité et une facilité d’accès inexistante dans d’autres structures. C’est pourquoi un budget supplémentaire va être octroyé aux instituts supérieurs afin de leur permettre d’accueillir davantage d’étudiants. Le financement des universités, devrait quant à lui, rester stable.
Du côté des établissements privés, le nombre de candidats devrait baisser, car le prix de l’année scolaire y est trois fois plus élevé et ces institutions ne perçoivent aucune aide publique.
 Si on laisse le système universitaire français de côté, finaliser un diplôme à l’étranger n’est pas forcément meilleur marché. Selon l’ambassade du Royaume-Uni en Israël, plus de 700 étudiants israéliens sont recensés dans l’ensemble du pays de Galles. Un chiffre qui grimpe à 800 pour les Etats-Unis.
Parmi les intéressés, l’optimisme est tempéré : « En toute objectivité, cela revient moins cher d’étudier en Israël. Ici, les frais de scolarité annuels et le coût de la vie sont extrêmement élevés. Mais on étudie qu’une seule année », affirment Adik et Zahava Kaptzan, deux étudiants installés à Londres. « En dehors du prix à payer, on obtient beaucoup d’avantages : nous sommes très demandés à l’étranger. Cela vient du fait que nous, Israéliens, sommes réputés comme matures et expérimentés. »
Mais s’il n’est pas forcément bon marché, le passage par les bancs d’un établissement supérieur étranger se révèle surtout payant en termes de retombées professionnelles. Le retour au bercail se fait ensuite avec beaucoup plus de facilité. « Aujourd’hui, je suis revenu en Israël avec mon master britannique en poche et j’ai facilement trouvé un emploi dans mon domaine », ponctue Kaptzan. 


Source JerusalemPost